31.07.2011
La traversée des Pyrénées 2011
La traversée des Pyrénées 2011.
Par Benoît Leclere
Benoît, le représentant de l'Aurore au top à l'Aubisque
Lors de la réunion préparatoire de la saison 2011, Piétro avait fait un tour de table pour connaître les intentions de voyage de chaque membre d’Aurore Cyclo. J’avais à ce moment proposé de se lancer dans la traversée des Pyrénées en passant par les cols mythiques du Tour de France.
Cette idée s’est transformée en projet avec au départ un de mes collègues Luc le redoutable petit grimpeur et 3 de ses amis : Bernard qui fait au quotidien la navette en vélo le long du canal de Clabecq à Bruxelles, Ronny qui n’avait guère plus de 750 km à son compteur cette année et Jean-Marie qui a l’habitude de traverser la France à plus de 300 à l’heure à la direction de son TGV .
Début avril autour d’un bon petit verre, nous avons composé le projet de parcours, organisé le transport (a priori une voiture, un porte-vélo à l’arrière du véhicule et 2 vélos sur le toit soit une voiture bien bourrée de 5 mecs) et décidé qui réserverait les chambres doubles et triples.
Notre parcours commencera donc le dimanche 26 juin après un trajet en voiture de plus de 1100 km à partir de Bruxelles.
Le traditionnel « ramassage scolaire » fait que nous démarrons en fait une heure plus tard que prévu. Le trajet prévu de 12 heures en comportera en fait près de 14 suite aussi à un embouteillage sur le périphérique de Paris ? Un accident impliquant plusieurs camions avait nécessité le recours à 2 hélicoptères qui se sont posé sur l’autoroute ! . Le décrassage espéré par certains en soirée n’aura pas lieu !
Le programme prévu était le suivant :
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Date |
Départ – arrivée |
Parcours (km) |
Dénivelé |
Cols |
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26/6 |
St Jean de Luz Tardets Sorholus |
136 |
2264 |
St Ignace, Puerto de Otxondo, Ispeguy, Haltza, Burdincurucheta, Bagarguy |
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27/6 |
Tardets Argeles Gazost |
106 |
2019 |
Marie-Blanque, Aubisque et Soulor |
|
28/6 |
Argeles Arreau |
80 |
2046 |
Tourmalet et Aspin |
|
29/6 |
Arreau Saint Girons |
130 |
2833 |
Peyresourde, Portillon, Menté, Portet d’Aspin |
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30/6 |
Saint Girons Ax-les-Thermes |
110 |
2135 |
La Core, Latrape, Agnes, col de Port |
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1/7 |
Ax-les-Thermes Prades |
93 |
2300 |
Port de Pailhères, col de Moulis, Garavel et Jau |
|
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Total prévu |
655 km |
13 597 m |
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Quelques jours avant le départ, j’apprends que nous serons 6 et que nous rejoindrons sur place Fernand, un camarade terminant … à pied le chemin vers St Jacques de Compostelle.
Nous partirons donc à 2 voitures, d’autant plus que 2 participants devront quitter le jeudi matin. Pour simplifier le tout, Jean-Marie viendra en avion mais nous a laissé son vélo et son matériel de rechange. La camionnette de Piétro aurait été bien utile pour charger tout ce brol !
Comme de quoi, un plan bien préparé est souvent modifié. Heureusement, les hôteliers seront sympas et nous aurons toujours trouvé à nous loger tous et à décommander sans problème les chambres devenues inutiles à partir du jeudi.
Le parcours est très ambitieux et les étapes ne sont pas bien équilibrées. J’appréhende surtout la première journée avec la distance de 130 km, plus de 2000 mètres de dénivelé et la chaleur annoncée (mon épouse sait que quand la température passe les 30 ° je ne suis plus capable de rien). Tous rigolent en admirant le magnifique coucher de soleil à la plage de Saint Jean de Luz. Je suis le seul à m’être renseigné sur les terribles cols du Pays Basques, courts mais très (trop) pentus.
Pour ceux qui ont déjà fait ce type d’expédition, la composition des chambres est un critère essentiel pour un bon repos. J’ai la chance de passer la nuit avec mon collègue Luc … qui ne ronfle pas, ce qui semble pas être le cas d’autres cyclos !
Dimanche 26. Après le petit déjeuner, briefing pour choisir les conducteurs et les cyclos. A 6 et 2 voitures, cela va demander un peu d’organisation. Fernand conduira quasi en permanence la voiture n°1 et Luc entame l’étape avec la voiture n° 2. Le peloton démarre donc d’Ascain, notre lieu de départ effectif et nous gagnons déjà quelques kilomètres sur le parcours officiel. On annonce l’enfer de 40 ° l’après-midi : la canicule.
Le premier col est avalé à toute vitesse (3 km de long à 3.4% !) et le maillot d’Aurore Cyclo passe largement en tête, question d’impressionner les copains. Ils ne me connaissent pas encore et ignorent que je suis le roi du bluff !
Au passage du second col, nous traversons la frontière espagnole et la température continue de monter. Nous roulons environ 20 km en Espagne et après le 3ème col, nous retrouvons la France et décidons de manger à l’ombre. La terrasse est remplie et les clients se demandent qui sont ces fous à vélo par une chaleur pareille.
Nous remontons sur le vélo vers 13h30 et nous préparons à redescendre vers St Jean Pied de Port, ville des pèlerins du chemin de St Jacques de Compostelle. Faire du vélo après avoir mangé un spaghetti bolognaise, sous un soleil de plomb est assez fou et je suis prêt à abandonner quand je vois que la route s’élève devant nous alors que nous devions rejoindre la vallée ! Je commence à fondre et arrivé à St Jean, je charge le vélo sur la voiture technique. Direction l’église et sa température beaucoup plus fraîche. Le thermomètre affiche dans la voiture 44 °. Au fou ! Avec Luc et Fernand, nous visitons la ville pendant que les trois autres continuent en direction du terrible Burdincurucheta avec ses pentes à près de 10%. Il ne faudra pas attendre longtemps pour que mon GSM sonne : l’un après l’autre, les 3 fous abandonnent et demandent l’intervention de la voiture technique. Nous passerons donc ce terrible mais magnifique col en voiture et même ainsi c’est très dur.
Au sommet, avec Luc on décide de remonter en selle pour les 40 derniers kilomètres vers Tardets. La température a baissé mais le bitume a fondu, ce qui rend la conduite périlleuse. J’échappe de peu à la chute en évitant une portion de macadam fondu et je passe le virage dans l’herbe à la surprise générale.
A l’arrivée de cette première étape, j’ai escamoté 30 km et 1250 mètres de dénivelé.
A l’hôtel, nous rencontrons un groupe de cyclos de l’Ariège. Ces courageux sont décidés à faire le parcours complet bien qu’ils (elles) bénéficient d’une assistance technique appréciable.
Le soir, conciliabule pour le parcours du lendemain avec le redoutable Marie-Blanque (1ère catégorie) et l’enchaînement monstrueux Aubisque-Soulor. On annonce une chaleur encore pire, est-ce possible ? et propose de démarrer tôt le matin mais le peloton fatigué préfère se lever plus tard. Certains le regretteront le lendemain.
Lundi 27. On décide d’escamoter les 25 premiers km annoncés plats et nous chargeons les vélos sur les voitures, après le départ de nos amis français. Sur la route, on rattrape ces courageux cyclos et nous dépassons d’abord les dames à bord de notre voiture. Devenus entre-temps experts en chargement/déchargement de vélos, nous dépassons les maris de ces dames … sur nos vélos. Ils ne comprennent pas comment les cyclos belges ayant démarrés plus tard qu’eux les ont déjà rattrapés ! Pour rappel, nous avons déjà expérimenté cette technique l’année dernière durant l’Ardéchoise (voir le compte-rendu sur le site web aurore cyclo).
Luc qui a des petits soucis physiques a décidé de monter la voiture au sommet des cols qu’il redescend à vélo et remonte avec les premiers du groupe.
Marie-Blanque est avalé sans trop de difficulté malgré les pourcentages de plus de 8%. Au plus cela grimpe, au plus la chaleur monte et au moins je vais vite. Boire et manger devient difficile mais il faut le faire pour conserver son énergie. Après la descente et la traversée de la vallée vers Laruns, l’Aubisque, colosse pyrénéen apparaît bientôt devant nous.
Fernand parti en éclaireur n’a pas son pareil pour débusquer les terrasses ombragées. Nous mangeons un excellent spaghetti mais je change le bolo en carbonara, question de diversifier. Erreur qui se payera cash l’après-midi. La chaleur continue à monter et dépasse maintenant les 40°. Conciliabule pour savoir quand repartir et je propose sans succès de passer une heure à visiter l’ancienne église. Tous me prennent pour un bigot que je ne suis pas ; je recherche simplement la fraîcheur ! Tant pis, on redémarre vers 14h00.
Dès les premiers lacets, le peloton explose : Bernard a une pêche d’enfer, normal quand on roule chaque jour 80 km ; il est accompagné de Ronny qui grimpe bien mais n’apprécie pas trop la chaleur. Je reste calmement avec Jean-Marie qui accuse quelques kilos de trop et grimpe avec tout son courage en pensant à son fils à qui il a promis de ne pas mettre pied à terre dans l’Aubisque. Heureusement je n’ai pas fait ce genre de promesse. Cela me permet de contempler le paysage magnifique lors de plusieurs pauses à prétexte touristique !
Passé Eaux-Bonnes et sa station thermale d’une époque révolue, les pourcentages passent les 8%. Cela semble moins dur que Marie-Blanque mais le col est très long, caractéristique d’un col hors catégorie.
Ces cols mythiques font l’objet d’une signalisation précise : à chaque kilomètre, une borne mentionne le % de pente du kilomètre à venir, l’altitude actuelle et ce qui reste à grimper. Pour un comptable comme moi, ces chiffres sont utiles mais parfois trompeurs. La borne que je vois mentionne 3 % en moyenne et je retrouve le sourire jusqu’au virage suivant où je découvre un panneau « pente de 13 % ». Et oui, dans une ascension on peut parfois redescendre ce qui explique cette anomalie mathématique. Je décide de m’arrêter 10 minutes à l’ombre d’un chalet. Je regrette amèrement le carbonara quand je vois passer Jean-Marie. Il m’encourage et je le suis jusqu’à la station suivante où nous voyons Ronny affalé au bord de la route. « Trop chaud » dit-il ! « Parti trop tôt dans l’après-midi » dis-je en embarquant nos vélos sur la voiture n°1. Nous faisions ainsi une 5 km de l’ascension avec Fernand qui se marre. Arrivé à la station de Gourette, je reprends un peu de courage et avec Ronny, nous finissons les 5 derniers km à notre rythme. Entre-temps, Bernard est déjà au sommet où la vue sur le cirque du Litor est splendide.
Sous une chaleur pareille, l’appareil digestif souffre. Après avoir bu un coca (pas bon mais efficace dans ce cas), j’abuse des toilettes locales. Le patron se marre : il a l’habitude. Jean-Marie arrive avec plus de 30 minutes de retard mais il n’a jamais mis pied à terre. Chapeau « cher TGV » qui cède alors son vélo à Fernand qui fera le Soulor et la descente vers Argeles.
La montée du Soulor de ce côté est très courte est pas trop dure, après l’Aubisque. C’est d’ailleurs le parcours accompli cette année dans le Tour qui a vu la victoire du sprinter Thor Hushovd. La longue descente vers Argeles nous permet d’avaler les derniers kilomètres à toute vitesse.
A l’arrivée, j’ai escamoté 20 km et environ 500 mètres de dénivelé. Nous retrouvons nos copains cyclos de l’Ariège qui ne comprennent toujours pas comment les Belges font.
Mardi 28. Etape courte de 80 km avec la montée du Tourmalet et de l’Aspin. La canicule est terminée. Je démarre avec ma vareuse Molteni et la ferme intention de « casser la baraque ». Effectivement, sans la chaleur et avec l’entraînement, « Eddy Molteni » lâche une mine et laisse sur place le peloton incrédule. En cours de route, je rattrape les dames (plus toutes jeunes !) du club Cyclo de l’Ariège et je les accompagne un bon kilomètre. « Elles avaient dur », comme on dit à Liège. Pour les divertir, je parle du magnifique paysage qui nous entoure et lâche sans réfléchir « la montagne est belle mais finalement je ne sais pas ce qui est le plus beau, la montagne ou vous deux ! » Les quelques vaches locales se souviennent encore de l’éclat de rire de ces 2 dames. Un peu plus haut dans le col, je récupère Luc qui avait déposé la voiture n°2. Luc porte ce jour-là sa magnifique vareuse orange et des Hollandais que nous dépassons l’affuble du surnom de Joop (Zootemelk). Au sommet, je passe en tête et empoche les points du maillot à pois. Jean-Marie « TGV » paye ses efforts de la veille et souffre. Il arrivera en compagnie d’une charmante allemande avec près de 45 minutes de retard.
La descente se fait … dans le brouillard, caprice de la météo en montagne. Heureusement j’ai avec moi les célèbres manchons jaune et bleu d’Aurore Cyclo. Arrivé à Sainte-Marie de Campan, on se croirait début de l’hiver avec une température de quelques degrés à peine.
Après avoir avalé les derniers sandwiches disponibles dans ce village célèbre (Eugène Christophe, dit le Vieux Gaulois, y répara la fourche de son vélo lors de l'édition de 1913 du Tour), nous repartons à l’assaut du col d’Aspin, sous la drache et le froid. Eddy Aurore est toujours en forme et à la surprise générale, je rejoins la ville étape d’Arreau sans avoir escamoté le moindre kilomètre. Magnifique étape avec beaucoup d’émotion : on ne franchit pas le Tourmalet chaque année !
Mercredi 29. La météo est froide et humide. Au programme du jour Peyresourde, Portillon, Menté et Portet d’Aspet soit 2800 mètres de dénivelé. Nous croiserons plusieurs lieux mythiques du Tour, notamment dans le col de Menté où Luis Ocana avait chuté lourdement et abandonné en 1971, et le Portet D’aspet où une plaque rappelle la chute mortelle de Casartelli.
Luc a retrouvé ses jambes, au contraire de « TGV ». La voiture technique n°2 change donc de pilote. Le peloton est emmené à toute vitesse par le duo Eddy – Joop et les 2 autres doivent s’accrocher. La célèbre technique belge de l’embarquement de vélo est encore appliquée car cette fois-ci c’est le froid qui nous paralyse. Je fais tout le col de Menté en voiture, au contraire de Ronny très en jambes. Au sommet, il pleut, il vente. Le brouillard est intense. Courageusement ou de manière insensée, Eddy et Joop effectue la descente dans le brouillard, accompagné de Bernard en manche courte !
Avec notre parcours, nous montons uniquement les derniers kilomètres du Portet d’Aspet totalement. Néanmoins, ce passage est très raide. Sous la pluie intense, nous ne nous arrêtons pas devant le monument « Casartelli » mais l’émotion est intense. L’ascension se passe bien et nous effectuons à nouveau la descente à trois dans la brume. Joop est un descendeur incroyable, un peu dans le style Sanchez. C’est un plaisir de le suivre car ses trajectoires sont fluides.
A Audressein, Bernard nous rattrape. Les 40 derniers km sont en léger faux plat. Bernard se croit sur le long de son canal et Luc doit nous abandonner, rattrapé entre-temps par Ronny. Les kilomètres sont avalés à un rythme (pour moi) étonnant et en moins d’une heure nous sommes à notre lieu de villégiature, fatigués mais heureux. J’ai escamoté 15 km et environ 700 mètres de dénivelé.
Jeudi 30. Fernand, Luc et Jean-Marie nous quittent. C’est la fin d’une belle aventure que nous continuons à trois, avec Bernard et Ronny. Après le briefing matinal, Bernard constate que son pneu avant est plat. Ce sera le seul accident mécanique de la semaine : une crevaison dans le parking de l’hôtel.
Changement au programme prévu pour cette journée. Comme nous ne sommes plus que trois, nous embarquons tous les vélos jusque Oust pour une boucle de 80 bornes avec les cols de Latrappe et d’Agnes, cols parcourus cette année dans le Tour de France. Le peloton est réduit et évidemment dès qu’un décroche, il est condamné à pédaler seul, ce qui est mon cas pour toute la première ascension où je « passe à la trappe ! » Au sommet Ronny s’impatiente car il fait un peu frisquet. Mais je rassure mes 2 camarades dans le col d’Agnes où je les dépose après une attaque de facteur. La montée est très irrégulière et exige de relancer en permanence, surtout dans les nombreux virages en épingle. Ce type de montée semble mieux me convenir.
Au sommet d’Agnes, la vue est magnifique sur l’étang de Lers. Le temps de redescendre et à Massat on se fait un plat du jour arrosé d’un peu de rouge. Je laisse alors mes camarades dans le col de Port qu’ils montent pendant que je le descends … chercher la voiture.
A Tarascon, la circulation devient très chargée et nous décidons alors de filer vers Ax-les-Thermes pour un décrassage dans cette cité thermale, dans la très jolie vallée d’Orlu.
Vendredi 30. Dernier jour de route car nous avons décidé de rentrer un jour plus tôt. Au programme un autre géant : le Port de Pailhères, 20 km de montée abordée dès le premier virage en sortant de l’hôtel. Nous partons à deux avec Bernard, Ronny amenant la voiture au sommet du col. Je profite au maximum de cette dernière ascension et laisse Bernard partir quand nous rejoignons Ronny. La route s’élargit à hauteur de la station de ski de Ascou où je souffre. Je terminerai le col à une allure de 4,5 ce qui a fait dire à ma femme « Monte à pied, tu iras plus vite ». Dur commentaire mais très pertinent malgré tout.
Ronny reprend la voiture car il n’aime pas descendre en vélo et celle que nous prenons est extrêmement technique. Tous les 100 mètres, virages en épingles. J’aurais préférer aborder Pailhères par ce côté car j’ai visiblement plus de facilité dans les épingles que dans les longues lignes droites à pente régulière.
La fin de l’étape est très touristique avec la visite du village cathare de Quéribus où je prends le plat du jour, des côtes d’agneaux frites avec un peu de rouge. A nouveau, erreur fatale que je paierai dans le dernier col de Jau au sommet duquel je jette mon vélo dans le fossé, décrétant que c’est fini pour moi. Ce sera effectivement le cas et je terminerai l’étape au volant après avoir roulé 60 km de montée permanente. Fou mais cela me laisse de fabuleux souvenirs.
Pour finir avec quelques statistiques, j’aurai parcouru en 6 jours 570 km et grimpé environ 11.000 mètres. La voiture aura quant à elle parcouru environ 3000 km. Le voyage nous a coûté environ 650 € par personne.
Merci à Monique mon épouse de m’avoir permis de m’évader une semaine et merci à Michel pour le porte-vélo.
A bientôt dans la platitude du Payottenland,
Benoit.
Le jour du départ à St Jean de Luz
Echauffement des mécanos
1er jour - 1er col - z'avez vu les muscles
1er jour - 2ème col - le bluff est passé
Sommet du col basque monté en voiture
Luc Gulliver au sommet de l'Aubisque
Dernier coup de pédale dans l'Aubisque
TGV et son allemande
C'est mon jour Ronny
La montée du Tourmalet
Eddy au Tourmalet
Joop et Eddy dans le Soulor
Attention à la collision
Bernard toujours à l'aise quand çà monte
Au sommet du Peyresourde 3°C
29.03.2011
Alpe d'Huez 2011
Alpe d’Huez 2011
Par Alain Darville
Pendant que beaucoup continuaient leur préparation cycliste pour la saison 2011, nous avons fait une petite pause pour aller skier. Nous sommes partis du 19 mars au 26 mars 2011 à l’Alpe d’Huez. Nous, c’est Isoline, Isabelle, Myriam, Umberto, Freddy, Pietro et moi.
En fait, c’est Freddy, excellent skieur qui nous avait entraîné dans ce guet-apens. Pourquoi un guet-apens, parce qu'à part Isabelle et lui, personne ne savait skier. A + ou - 50 ans, pourquoi pas, c’est le bel âge pour apprendre.
Et nous nous y sommes mis. Nous avons suivi une semaine de cours via l’Ecole de Ski Française de l'Alpe d'Huez, et nous avons progressé jours après jours. Il faut dire que nous avons eu de la chance avec le temps. Un magnifique soleil tous les jours, une température printanière, tout ça dans un environnement magnifique et dédié à 100% aux skieurs. Un régal.
Pendant qu'Isabelle et Freddy partaient à deux, le matin, sur les nombreuses pistes bleues et rouges du domaine skiable, nous nous y sommes mis.
Les chutes étaient bien sur nombreuses. Myriam s’est trop vite découragée, Umberto s’est fait le grand spécialiste des cabrioles en tous genres, mais toujours avec le sourire. Pietro « Tomba » comme à vélo, toujours tous shuss, passait juste devant les pauvres débutants en les déconcentrant. Les conseils du moniteur, Anthony, étant écoutés d’une oreille distraite. Isoline a adopté la descente façon play-mobile, assez spéciale et moi, je me suis réservé les grosses gamelles pour les pistes bleues et rouges. L'avantage de suivre des cours est que l'on progresse, au début, très rapidement, et qu'en plus Anthony nous a fait découvrir la plupart des pistes vertes et bleues du domaine. On ne s'est jamais embêté sur nos skis. Les pistes bleues étaient parfois vraiment encombrées de skieurs et snowborders et c'était parfois un peu dangereux de slalomer dans la descente tout en voyant passer les autres skieurs à toute vitesse, juste à côté de nous.
Mais finalement tout c’est bien passé. Après les pistes vertes, et une bonne partie des pistes bleues, Anthony nous a emmenés sur une piste rouge sans rien nous dire. Nous en avons fait un bout, mais ça commençait à se compliquer. Le dernier après midi, j'ai continué avec Isabelle et Freddy, et là, récompense suprême, une vraie piste bien rouge a été faite dans son intégralité. Bon il était temps pour moi que cela se termine, je commençais à avoir mal partout à force de tomber sur toutes les pistes et les muscles des jambes et cuisses se rappelaient de plus en plus à mon souvenir.
C'était une chouette expérience passée entre amis, avec entre autre une petite dégustation de whiskys. C'est à recommencer et ce sera alors direction les pistes noires.
Lien vers le site de l'Alpe d'Huez
18.12.2010
La Guadeloupe 2010
La Guadeloupe 2010 (du 02 au 12 décembre 2010)
Récit de Alain Darville

Le soleil se couche sur le Volcan La Soufrière.
Aller faire du vélo en Guadeloupe, l’idée semble un peu biscornue. Et pourtant nous l’avons fait et c’était une fabuleuse expérience. Mais pour ça, il faut pouvoir s’entourer d’une équipe formidable, l’équipe de Sport Azur (www.sportazur.com), à savoir Jean-Claude, Jean-François, Hervé, Dominique et Dominique. Ils nous ont conduits sur l’Ile aussi bien à vélo, en voiture qu’en bateau partout où cela valait la peine d’aller et toujours avec une joie et une bonne humeur communicative à tout le groupe.
Mais la Guadeloupe, qu’est-ce que c’est ? Finalement peu de gens savent où cette île se trouve, ni vraiment ce qu’on peut y faire. La Guadeloupe se trouve dans l’Archipel des Petites Antilles qui est composé d’un chapelet de petites îles telles Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Antigue, la Barbarde, la Dominique, la Martinique, Sainte-Lucie, etc… Ces îles se trouvent au nord du Venezuela entre le tropique du Cancer et l’équateur. Comme toutes ces îles se trouvent à la frontière de deux plaques terrestres, la plaque nord-américaine et la plaque caraïbe qui glissent l’une sur l’autre, cela provoque un volcanisme toujours actif sur ces îles.
La Guadeloupe est en fait composée de deux îles (d’où son surnom d’île Papillon). La première île, Basse-terre, d’origine récente (4 million d’année), l’île où se trouvent les volcans tel la Soufrière (1467m), toujours actif. Comme la chaîne montagneuse des volcans occupe tout le centre de l’île, seul le pourtour de l’île a pu être occupé par l’homme. La deuxième île, Grande-Terre est d’origine beaucoup plus ancienne (55 million d’année). Ce qui fait qu’elle est complètement érodée (135 m max d’altitude) et qu’elle est constituée d’une épaisse couche de dépôts calcaires dus à l’accumulation de formations coralliennes. C’est sur cette île que nous serons (Saint-François) et que nous allons rouler à vélo.
Naturellement le climat en Guadeloupe est assez chaud (+- 30°c) et humide. Le mois de décembre est le début de la saison sèche (le carême) qui se prolonge jusqu’en juin. De juillet à novembre, c’est la saison humide (l’hivernage). Comme nous sommes venus début décembre, l’hivernage hésitait encore à laisser la place au carême, ce qui fait qu’il a un peu plut.
Aller en Guadeloupe avec des vélos, s’apparente presque à une expédition. Il faut trimballer nos vélos dans d’immenses sacs. En plus des bagages normaux, cela fait beaucoup à transporter, surtout qu’il fallait partir de l’aéroport d’Orly via la compagnie Corsair Fly. Donc, c’est en voiture, sous la neige que nous sommes allés de Bruxelles à Paris. Et qui y allaient ? Isabelle, Isoline, Myriam, Umberto, Pietro, Freddy et moi. Mais seuls les trois derniers prenaient leur vélo. L’avion de Corsair Fly est un super jumbo 747-400 qui peut embarqué plus de 600 passagers. Quand il est plein, il pèse 350 tonnes au décollage. C’est assez impressionnant comme machine et ce qui est aussi impressionnant c’est le temps qu’il faut pour embarquer (enregistrement des billets, bagages, files, contrôles incessants) et pour débarquer (récupérations des bagages parmi des milliers d’autres). Comme nous ne sommes pas les seuls à aller en Guadeloupe faire du vélo, nous rencontrons à l’aéroport nos futurs compagnons de routes français. Avec Sport Azur, sont venus une dizaine de cyclistes et une petite dizaine de coureurs à pied. Ce qui fait que notre groupe sera composé d’une trentaine de personnes (avec les conjoints). Le voyage en avion dure une dizaine d’heures. L’avion fait une escale en Martinique pour débarquer et embarquer d’autres passagers. C’est long comme vol, et malgré que Corsair soit une compagnie régulière, la place dans l’avion est comptée.
Les journées en Guadeloupe durent 12 heures à peu près toute l’année. Il fait clair vers 6h du matin et noir vers 18h. L’aube et le crépuscule sont presque inexistants, ce qui fait que la transition entre le jour et la nuit est assez rapide et qu’il faut planifier les sorties l’après-midi en tenant compte de l’arrivée rapide de la nuit. Il fait donc noir lorsque nous arrivons à Pointe-à-Pitre (la Capitale). Le bus qui nous mène de Pointe-à-Pitre à Saint-François nous montre ce qui sera une constante toute la semaine : la circulation et les embouteillages. Je n’imaginais même pas qu’il y avait autant de voitures en Guadeloupe. Si chacun des 400.000 habitants de l’île a une voiture, effectivement cela pose un petit problème, vu l’exiguïté du territoire. L’hôtel est l’Hôtel Club Paladien à Saint-François. Rien à redire sur cet hôtel, les logements sont impeccablement entretenues (soit des appartements, soit de petites maisons), la nourriture est variée, abondante (pour un cycliste) et assez bonne. Mais c’est surtout la plage, le bar et la piscine qui rendent le séjour dans cet hôtel impeccable. Naturellement, début décembre, c’est le début de la saison touristique et l’hôtel n’était pas encore plein. Les soirées étaient parfois un peu tristounettes, malgré la bonne volonté des animateurs locaux. Mais le groupe de Sport Azur mettait parfois un peu d’ambiance, surtout le dernier soir.
Ce qui est aussi un peu déroutant, c’est le vacarme nocturne provoqué par les grenouilles et les criquets qui font chacun un bruit assez aigu et qui semblent se répondre l’un l’autre. Il faut absolument des bouchons pour les oreilles pour ceux qui souffrent du décalage horaire (5 heures) et qui veulent dormir.
Mettez le son à fond et écoutez (12 sec de ce bruit qui s'arrêtait vers 3h du matin pour recommencer l'après-midi):
Le bruit des grenouilles et criquets en Guadeloupe
Le matin, c’est la première sortie à vélo. Jean-Claude Bagot est là. C’est un ancien professionnel des années 80/90 qui met toute son expérience au profit des cyclos amateurs. Les vélos, il a fallu les remonter, regonfler les pneus (qui devaient être plats dans l’avion). Pietro a cassé une vis de fixation de sa potence, ce qui fait que nous ne pouvons pas partir. Jean-Claude fait un contrôle de tous les vélos, et nous donnera tout au long du séjours des conseils pour adapter nos positions sur le vélo (je peux presque tout changer), des conseils sur nos façons de rouler (je sais que je ne mouline pas assez), et des conseils pour l’entraînement et pour soigner la vélocité (une horreur, le vélo saute dans tous les sens) et la gainage (ça j’adore, on peut tirer d’énormes braquets). D’ailleurs depuis qu’il nous a expliqué ce qu’est le gainage je me suis ingénié à en faire presque tout le temps. Comme sur Grande-Terre, il y a peu de longues côtes mais que ce sont surtout de grosses bosses, beaucoup de montées pouvaient se faire sur le grand plateau.
Mais revenons à Pietro. Pour enlever la vis, nous faisons appel à l’homme à tout faire de l’hôtel qui vient « calmement » avec sa foreuse. Naturellement une mèche en aluminium ne résiste pas à la force de Pietro, et c’est tout penaud que repart notre homme avec sa foreuse dans une main et sa mèche dans l’autre. Finalement la potence a pu être retirée, une autre mise avec de nouvelles vis et nous voilà partis sur les routes de la Guadeloupe. Routes qui sont d’ailleurs assez bonnes, même si parfois un trou ou l’autre nous font penser à la Belgique.
En voyant les dimensions de ces îles sur une carte, je me demandais comment il était possible de faire de longues sorties à vélo. Et pourtant c’est tout à fait faisable, nous avons roulé plusieurs fois plus de 100 kilomètres.
Il faut d’abord s’habituer à rouler ensemble. Nous sommes 14 en tout. En retirant Pietro qui est au-dessus du lot, les autres cyclos sont à peu près de forces égales. Jean-Claude, Hervé, Pascal (un Guadeloupéen copain de Dominique, qui viendra rouler plusieurs fois avec nous) et Dominique nous encadrent. Le premier jour, c’est assez plat, nous allons à la Pointe-des Chateaux tout au bout de l’île. La chaleur tape, en plein soleil la température monte à 35°c, il faut boire beaucoup, et c’est ici qu’il faut dire que l’eau du robinet en Guadeloupe est tout à fait potable. La turista n’existe pas. L’eau est même plus douce qu’en Belgique. Elle vient de Basse-Terre, du sommet des volcans, là où il pleut 14 m d’eau par an. Il n’y a pas de calcaire, à la grande joies des femmes et des hommes (ceux qui ont des cheveux), qui avaient des cheveux tout doux.
A vélo en six sorties (+- 500 km) nous allons faire à peu près toutes les routes de Grande-Terre. Nous irons voir les Grands-Fonds, Morne-à-l’Eau et Vieux Bourg, nous roulerons jusqu’à la Pointe de la Grande-Vigie (où l’Océan Atlantique se déchaîne sur l’île) en passant par Le Moule, nous irons vers Port Louis et nous ferons les Pyrénées en revenant de Les Abymes. Avec tous ces noms, c’est déjà tout un programme. Et c’est superbe, un vrai régal de rouler en Guadeloupe, les gens sont sympas, les voitures bloquées parfois derrière nous ne s’énervent jamais, nous les faisons passer dès que nous pouvons. Bon naturellement tout le monde n’est pas riche en Guadeloupe. La vue de superbes maisons est vite remplacée par des maisons qui ne sont pas loin d’être des taudis. Les vaches et chèvres locales sont toutes enchaînées et solitaires. Parfois un garde-bœuf (l’oiseau) les accompagne. Les champs de cannes à sucres sont omniprésents. La canne à sucre qui permet de faire le Rhum, que nous avons bien sur goûté nature (c’est assez hard) ou adouci avec diverse substances sucrées.
Il n’y a pas de longues montées, mais il y en a quelques unes assez corsées. Mon record : 23% sur 250 mètres dans la zone des Pyrénées, 15% sur 400 mètres pour atteindre la Pointe de la Grande-Vigie. Pour le reste rien de méchant, ça va vite et les finales se font toujours à tombeaux ouverts. Pietro et Hervé ont du se mesurer plus d’une fois. Hervé n’est pas n’importe qui. Il a été Champion du Monde de Triathlon 2006, catégorie Vétéran. Il n’a pas perdu grand-chose depuis.
Les Grand-Fonds sont sans doute un des plus beaux endroits de l’Ile. Avec une altitude de +-10 mètres, la végétation est luxuriante et tout à fait différente d’ici. Mais comme ça roule vite, il faut un œil fixé à la route et l’autre qui admire toutes ces belles choses.
Le troisième jour, c’est le drame. En revenant de Les Abymes, Martine tombe et reste inconsciente quelques instants en plein milieu de la route. Personnes ne sait très bien ce qu’il faut faire. Pierre le canadien et Franck le breton s’occupent de leur mieux de Martine qui saigne abondement à la tête et qui à mal à l’épaule et au bras gauche. Dominique appelle l’ambulance/pompier qui mettra ¾ heures pour arriver. Tout le monde est un peu choqué. Pietro s’occupe de Christian qui en tombant sur Martine, s’est arraché la peau du coude et du genou. Sous les tropiques il faut soigner et désinfecter le plus vite possible. En plus il faut aussi s’occuper d’une jeune Guadeloupéenne qui en voyant le sang sur la route, tombe dans les pommes. Nous essayons aussi de régler la circulation, car pas de chance, nous sommes près d’une carrière, et de gros camions passent sans arrêt à 50 cm de la tête de Martine (mais au ralenti). Martine sera emmenée à l’hôpital de Pointe-à-Pitre, nous continuons à vélo un peu groggy jusqu’à l’hôtel. Martine reviendra deux jours plus tard à l’hôtel finir son séjour. Le bras en écharpe, l'épaule est cassée et une grande cicatrice au front. Elle se fera opérer en France après son retour.
Le quatrième jour, c’est la pluie. Une pluie comme en Belgique. Continue, pas trop abondante, avec beaucoup de vent. Mais il fait encore 25°. Ce qui fait qu’on roule sans coupe-vent, avec seulement un cuissard et un maillot (un chandail pour les canadiens) et qu’on n’a pas froid. Par contre quand il pleut, nous prenons la couleur locale. Nous finissons tout noir. Je n’ai jamais été aussi sale même en Belgique après être sorti sous la flotte. Et les vélos ont finis sous la douche (une horreur). Et en plus les routes deviennent terriblement glissantes. Comme elles sont assez lisses, les pneus zippent assez souvent, même en montée il faut parfois rester sur la selle.
Ensuite, le temps change, il fait beau la journée, il pleut la nuit jusque 07h45. Comme nous partons à 08h, il n’y a rien à redire, c’est parfait. La pluie alors, n’était plus une petite pluie douce, mais carrément les chutes du Niagara façon Guadeloupe. A vélo la–dedans nous aurions finis noyés.
Le dernier jour, nous faisons nos adieux à la Guadeloupe, une petite larme à l’œil. Il faut dire qu’à la Guadeloupe, il y a énormément de cyclistes. Beaucoup de locaux font du vélo de course, et à partir de janvier, il y a régulièrement des courses. Ceux-ci venaient de temps en temps rouler avec nous, et ce sont de sacrés gaillards. Souvent des montagnes de muscles qui tirent des braquets encore plus gros que les miens. Jean René Bernaudeau est aussi venu rouler avec nous. C’est aussi un ancien professionnel des années 80, très sympa. C’est un copain de Jean-Paul, et il est actuellement directeur de l’équipe pro BBox (sans doute EuropCar en 2011).
Mais il n’y avait pas que le vélo...
Nous avons été en Kayak sur la mer (à Goyave sur Basse-Terre), et nous avons remonté une rivière au cœur des mangroves. C’était une très belle expérience, les bras s’en souviennent encore. Pas facile de pagayer droit. Les petites vagues font ballotter l’embarcation, et c’est crispé que je fais avancer le tout. Freddy n’a pas pu s’empêcher de faire une visite approfondie de l’eau de la mangrove en essayant de me pousser, moi et mon petit kayak instable. Pas de photos, et c’est dommage, les appareils étant restés au port.
Nous avons été à Petite-Terre en catamaran voir les Iguanes, les Requins et les Raies. C’était sans doute la plus belle journée du séjour. Petite-Terre est une petite île à +- 15 km de Saint-François. Il n’y a pas d’habitant. C’est une réserve naturelle contrôlée et seul un nombre limité de touristes n’est admis en même temps. Les Iguanes sont les rois de l’île ; Ils sont entre 10000 et 14000 et il y en a partout.
Aller là-bas en catamaran est un vrai plaisir, nous nous laissons aller calmement sur la mer, portés par le vent. Comme la mer était calme, ce qui n’a pas été tous les jours le cas, personne n’a eu le mal de mer. Sur l’île nous avons eu droit à un super barbecue avec du rhum. L’après-midi, c’était avec masques et tubas la visite du lagon, à la recherche des poissons, raies et requin. Visiblement c’est Freddy qui a fait le plus de découvertes.
Nous avons été visiter Basse-Terre (l’autre Ile), voir les palmiers géants à Capesterre Belle Eau, pique-niquer à Trois-Rivières où se trouvent les plages de sables noirs. Mais pas de chance, la veille, une petite tempête a transformé la plage en dépotoir. Nous avons été visiter le marché de Basse-Terre (la ville), marcher dans la ville et s’imprégner un peu de la couleur locale. Nous avons vu les pêcheurs vendre leurs poissons et leurs langoustes géantes, et nous avons terminé par la visite de la Cascade aux écrevisses. Dans les hauteurs des volcans, sous une végétation luxuriante et somptueuse, une cascade débouche sur un tout petit étang où peuvent se baigner les nageurs qui n’ont pas froid aux yeux (et au reste).
Sur Gande-Terre, nous sommes allés visiter une distillerie de Rhum à Le Moule, où chacun a fait une provision de boissons alcoolisées. Et ensuite, nous avons été voir un cimetière. Un cimetière ? Et bien, les cimetières en Guadeloupe sont tout à fait différents de l’Europe. Les Guadeloupéen semblent attacher beaucoup d’importance au culte des ancêtres. Ce sont tous des caveaux, visiblement fait pour durer l’éternité (pas comme les maisons), tout de blanc et de noir (Parfois avec un peu de rose et d’orange). Visiblement en Guadeloupe les gens attachent plus d’importance aux tombes qu’à leur lieu de vie sur terre (http://www.guadeloupe-fr.com/magazinedestinationguadeloup...). Dans un autre registre, c’est un peu la même chose pour leur voiture. Un taudis et un magnifique 4x4 garé devant.
Et pour finir le dernier jour, ceux qui le voulaient, ont été se baigner à Deshaies, où se trouve sans doute la plus belle plage de la Guadeloupe (à Basse-Terre). Mais où les vagues en venant s’abattre sur la plage sont assez impressionnantes. Elles montent à +- 2/3 mètres de haut, avant de se fracasser sur le sable. Sur le sable, c’est aussi bien que dans l’eau, la vue est plus belle. Après quelques réglages, je me suis mis là où les vagues viennent mourir. Pendant ¾ heures, pas de problème, le spectacle est impressionnant, quelques intrépides restent dans l’eau. Et puis juste avant de partir, une vague plus forte que les autres a tout submergé, sacs, vêtements, essuies et mon appareil photo. La carte mémoire a résisté mais pas l’appareil.
Le samedi, jour du départ, il faut tout remballer, repartir à l’aéroport, regrimper dans le jumbo, qui va transporter, tous compris, 675 personnes et va me permettre de battre mon record de vitesse sur terre/mer/air : 1027 km/h. A cette vitesse, en sept heures nous sommes à Orly, où il ne fait pas trop froid (5°), mais où il fait tout gris. Bonjour l’Europe, mais en Belgique le soleil fait son apparition... avant la neige et le froid.
C’était un voyage vraiment inoubliable. Il aurait été parfait sans l’accident de Martine. La bonne humeur et la bonne entente auront été omniprésentes. L’équipe de Sport Azur a toujours fait ce qu’il fallait en toutes circonstances. La Guadeloupe est vraiment un bel endroit pour passer des vacances réussies. Pour y habiter, c’est une autre histoire. Il faut aimer la chaleur et l’humidité.
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Les photos:
