31/08/2007

Paris-Brest-Paris 2007

 

Menu principal

______________________________________________________________________________________________________

 

Paris-Brest-Paris 2007

 

Introduction et suivi des participants

Le récit et les résultats

Les Photos

Le parcours 

 

 

 

1.jpg

 

 

30/08/2007

Paris-Brest-Paris 2007: Introduction

 


Menu principal

_____________________________________________________________________________

Paris - Brest - Paris 2007

Paris-Brest-Paris est une randonnée cyclo-touriste de 1230 km à faire en moins de 90 heures qui a lieu tous les 4 ans.

Plus de 4000 cyclotouristes se rassemblent à Saint-Quentin-en-Yvelines.

Cette année le départ sera donné à partir du lundi 20 Août 2007 et l'arrivée se fera au plus tard le vendredi 24 Août 2007.

Le dénivelé officieux de l’épreuve est proche de 10000 mètres. Le parcours n’est donc pas du tout plat et traverse la Bretagne et les Monts d’Arrée.

Plusieurs départs sont donnés en fonction du choix du temps limite à faire pour terminer l’épreuve :

 

DÉPART  MACHINE DÉLAI
Lundi 20 h 00 Vélos solo et VTT 80 h
Lundi 21 h 00 Tandems, triplettes, tricycles et tous vélos spéciaux 90 h
A partir de 21 h 30 Vélos solo et VTT 90 h
Mardi 04 h 45 Tandems, triplettes, tricycles et tous vélos spéciaux 84 h
Mardi 05 h 00 Vélos solo et VTT 84 h

 

Le site officiel de Paris-Brest: http://www.paris-brest-paris.org


Après avoir fait les qualifications entre début mars et fin juin 2007 (au moins un BRM «Brevets de Randonneurs Mondiaux» de 200 km, un de 300 km, un de 400 km et un de 600 km), sept membres du clubs, qui sont ainsi devenu des "Super-Randonneurs" prennent part à Paris-Brest-Paris. Ces brevets doivent être agréés par l'Audax Club Parisien.

2.jpg


La médaille de super Randonneur 2007























Les qualifications en Belgique ont été faites obligatoirement sur des BRM reconnus par
Randonneurs.be. Des comptes rendus des différents BRM réalisés par les cyclos de l’Aurore peuvent être consultés sur le site de l’Aurore-Cyclo.

Suit la liste des membres participants à l’épreuve, les temps limites qu’ils se sont fixés ainsi que la façon d’y parvenir :

Pietro Sirigu (Dossard 6708/Dossier n°6003):
            En solitaire en moins de 84 heures avec assistance aux contrôles.

Guy Godfrind (Dossard 3914/Dossier n°5951):
            En solitaire en moins de 90 heures en autonomie.

André Lefébure
(Dossard 3895/Dossier n°6076):
            En solitaire en moins de 90 heures en autonomie.

André Vaneeckhout (Dossard 3933):
            En solitaire en moins de 90 heures en autonomie.

Stéphan Salberter (Dossard 3906/Dossier n°5995)
Christophe Van Schepdaele (Dossard 3930/Dossier n°6186)
Alain Darville (Dossard 3921/Dossier n°5921):
            En groupe de trois en moins de 90 heures avec assistance aux contrôles.


Les participants peuvent être suivis sur le site officiel en introduisant le nom ou le n° de dossier ou le n° du dossard: http://www.paris-brest-paris.org/FR/index.php?showpage=64

 

29/08/2007

Paris-Brest-Paris 2007: Résultats et récit

 


Menu principal

____________________________________________________________________________________________

Les résultats

Pietro Sirigu
     Départ Mardi 21/08 05h10 - Arrivée Vendredi 24/08 09h15 : Temps total : 76h05

Stéphan Salberter
    Départ Lundi 20/08 21h30 - Arrivée Vendredi 24/08 09h16 : Temps total : 83h46

Chrisptophe Vanschepdaele
    Départ Lundi 20/08 21h30 - Arrivée Vendredi 24/08 09h17 : Temps total : 83h47

Alain Darville
    Départ Lundi 20/08 21h30 - Arrivée Vendredi 24/08 09h17 : Temps total : 83h47

André Lefébure
    Départ Lundi 20/08 21h30 - Arrivée Vendredi 24/08 11h18 : Temps total : 85h48

Guy Godfrind
    Départ Lundi 20/08 21h30 - Arrivée Vendredi 24/08 15h03 : Temps total : 89h33

André Vaneeckhout
    Départ Lundi 20/08 22h30 - Arrivée Vendredi 24/08 14
h40 : Temps total : 88h10

____________________________________________________________________________________ 

La médaille 2007


3.jpg

 















Les réultats complets


Les résultats complets de Paris-Brest-Paris sont disponibles sur le site officel: http://www.paris-brest-paris.org

 

______________________________________________________________________________________________________________

 

 

Le récit de Paris-Brest-Paris 2007



Les photos de Paris-Brest-Paris sont sur : http://aurore-cyclo-voyages.skynetblogs.be/pbp-2007-photos

                                               ________________________________________________________



Différentes séquences filmées par Ornella lors du Paris-Brest-Paris 2007:

1. Installation au camping: Essai de remontage de tente par Christrophe et Stéphan.
2. Départ du peloton à Saint Quentin en Yvelinnes.
3. Ravitaillement de Villaines La Juhel (Retours).
4. Ravitaillement à Mortagne au Perche (Retours).
5. Détente au camping après l'arrivée.
6. Démontage des tentes à la fin des "Vacances".



                             ____________________________________________________________


Le récit de l'Aventure de Paris-Brest-Paris

Par Alain Darville
(écrit le 28/08/2007)


Paris-Brest-Paris. Tout ce qu’en ont dit ou écrit ceux qui l’on fait, n’est jamais qu’une pâle représentation de la réalité. Paris-Brest-Paris doit être vécu pour savoir vraiment ce que c’est.

Paris-Brest-Paris est bien plus dur que ce qu’on peut se l’imaginer. Pas tellement pour les 1230 km à parcourir, ni pour les 10000 mètres de dénivelés, ni finalement pour les 90 heures maximum, mais parce que chaque contrôle a une plage d’heures de passage imposée sous peine d’élimination. Ce qui veut dire que la majorité des cyclo, ceux qui ne savent pas rouler à des vitesses supersoniques, est incapable de dormir correctement pendant 5 jours et 4 nuits.

Comme en plus beaucoup arrivent déjà stressés le jour du départ en ayant à peine dormi la nuit précédente, à partir du jeudi et surtout le vendredi on rencontre des zombies sur la route, des vélos qui zigzaguent ou des cyclos qui ne savent plus dans quelle épreuve ils roulent ou pour ceux qui n’en peuvent plus des gens endormis n’importe où et n’importe comment le long de la route. Et finalement, bien que physiquement encore en relatif bon état, beaucoup de cyclos sombrent pour cette raison. C’est pourquoi sur Paris-Brest-Paris le psychique est encore plus important que le physique. Il faut le vouloir pour y arriver et ne jamais se laisser abattre.

Mais que cette introduction ne vous décourage pas à lire la suite du récit de Paris-Brest-Paris, qui reste une aventure humaine vraiment très spéciale et hors du commun.

                                                ___________________
 


 Depuis longtemps Pietro Sirigu nous parlait de Paris-Brest-Paris comme d’une épreuve mythique, une épreuve que tout cyclo au long court doit au moins faire une fois dans sa vie, en n’occultant jamais les difficultés de ce genre de parcours. 

Les trois Papys, André Léfébure, André Vaneechout et Guy Godfrind, se sont exprès inscrit dans notre club pour ce Paris-Brest-Paris, mais pour les autres cela aura été une longue série d’hésitations avant de se décider. Finalement, les 3 néophytes que sont Stéphan Salberter, Christophe Vanschepdaele et moi se sont décidés à y aller mais en voulant le faire en équipe. Ce qui allait mettre une couche de difficultés supplémentaires, puisqu’en plus de ses problèmes personnels, il faudra gérer les problèmes des autres.
 

Tout le monde sauf Pietro a décidé de faire ce PBP en 90 heures et donc de partir le lundi à 21h30. Pietro part le mardi à 5h00 car il a décidé de le faire en 84 heures.

                                                ___________________
 


Le petit groupe, composé de Myriam, Ornella, Dante, Rocco, Pietro, Gérard, Christophe, Stéphan et moi, est parti le samedi matin en direction du camping à Montigny-Le-Bretonneux situé juste à côté de Saint-Quentin-En-Yvelines, lieu du départ.

Myriam suivra Pietro avec Ornella et Dante, tandis que Gérard nous suivra de son côté.
 

L’installation des deux tentes se fait sans problème. Le petit bémol est que la partie du camping où on nous a mis n’est ouverte que tous les 4 ans, et les douches et WC sont assez brinquebalants.
 

Une première visite du camp permet déjà de voir des vélos assez extraordinaires, dont un tandem hollandais où les cyclo sont assis dos à dos et doivent faire avancer leur vélo comme s’ils faisaient de l’aviron (au fou…). Les vélos couchés et carénés sont impressionnants, mais rien qu’à l’idée de faire monter des machine de 30 kilos dans les côtes, j’imagine déjà les souffrances de leur pédaleur.
 

La nuit de samedi à dimanche, à 4 heures pile, il pleut. C’est le début d’une suite à peu près ininterrompue de dépressions qui défileront toute la semaine au rythme d’une par jour. Et quand je dis qu’il pleut, c’est presque une imitation de la mousson tropicale qui se déverse du ciel.

Le sol absorbe ce qu’il peut mais on est dans la boue jusqu’au lundi soir. Les camping car et camionnettes s’embourbent les uns après les autres et c’est la tondeuse à gazon du camping qui sert de dépanneuse.
 

Le dimanche il faut aller au Gymnase des Droits de l’Homme à Guyancourt pour rechercher les documents (carnets de route, carte de badging, maillot PBP, plaque de cadre et panneaux pour voitures suiveuses) et faire contrôler les machines. Ce qui ne se fera pas puisqu’il fait trop mauvais. Ensuite il faut attendre le lundi soir, et c’est long, mais long. Quel stress.
 

Stéphan, Christophe et moi avons fait un planning de route avec +- 450km le premier jour, +-300 km le deuxième jour, +-300 kilomètres le troisième jour et +- 150 km le dernier. Le but est d’essayer de dormir le plus possible les nuits.
 

Comme la majorité des cyclo fait le PBP en 90 heures, la grosse partie démarre le lundi soir à partir de 21h30. Et comme les participants sont lâchés par paquets de +- 600 toutes les vingt minutes, cela peut prendre du temps.

On n’a pas encore commencé, on a déjà une frayeur. En sortant du camping, la barrière à l’entrée du camp se referme juste quand Christophe passe en dessous. Mais par un coup de chance, elle se referme tout juste devant lui. Lui et son vélo n’ont rien, mais on est déjà passé à côté d’une catastrophe. PBP commence bien, si tout est à l’avenant, cela promet.

Heureusement en arrivant on aperçoit des vétérans belges qui se sont placés juste à l’entrée du tunnel d’accès au Gymnase. C’est gagné, on partira à 21h30.

Mais j’ai déjà crevé le pneu avant. C’est en vitesse qu’on change de chambre à air mais il y a un trou dans le pneu. Ca continue, sera-ce un PBP maudit?

L’arrivée sur la ligne de départ prend un peu de temps. Il faut contrôler le vélo et les lampes, contrôler le carnet de route et mettre le cachet de départ.
 

Question lampe, il faut absolument, bien que ce ne soit pas obligatoire, une lampe frontale. C’est la seule qui permette de faire rétro-réfléchir les flèches d’indications de direction. Sans cela bonne chance. Déjà que les flèches nocturnes ne laissent apparaître qu’un timbre poste réfléchissant, si on n’a pas cette lampe, on ne voit rien. En plus cette lampe sera d’un immense secours en cas de pépin mécanique (comme une crevaison) sous la flotte et dans le noir complet de la nuit Bretonne.

 
                                               ___________________ 


Lundi 21h30 - km 0 – Saint Quentin en Yvelines

Tout le monde attend impatiemment le long de la ligne de départ. Pleuvra, pleuvra pas ? Faut-il mettre son imper ? Finalement les nuages noirs qui se profilent à l’horizon n’inspirent pas une nuit sèche et tout le monde se couvre d’une couche supplémentaire. Et c’est dans une musique de cornemuses que le départ est donné.
 

Les quinze premiers kilomètres se font derrière voiture ouvreuse ce qui permet d’aller assez vite dans les grands boulevards. On passe les feux rouges, c’est assez grisant. De petits groupes de gens nous applaudissent par ci par là.

Mais Stéphan a des problème avec son compteur (1er arrêt), perd sa sacoche un première fois (deuxième arrêt), perd sa sacoche une deuxième fois (3ème arrêt).

On est déjà dans les derniers du groupe de départ après 10 kilomètres.
 

C’est chouette de rouler la nuit. Il ne pleut pas, et dans les lignes droites on voit presque à l’infini les lampes rouges des cyclos en file indienne. On ne doit pas s’occuper de rechercher les flèches réfléchissantes, il suffit de suivre les autres.
 


Mardi 03h30 – km 140
– Mortagne Au Perche 

L’arrivée à Mortagne au Perche après 140 km vers 3h30 se fait sans problème. On contrôle encore l’horaire que l’on avait établi à du 22 km/h de moyenne et on a vingt minutes d’avance.

Stéphan a des problèmes à l’estomac et on attend un peu que cela aille mieux. Il boit du Coca ce qui semble le sauver.
 

Mais juste après le départ il commence à pleuvoir à seaux. Et je crève un pneu. Pas facile de changer une chambre à air sous la flotte, mais ici Christophe est d’un grand secours. Tout dégouline et les autres cyclos qui nous passent à pleine vitesse. Courage…
 


Mardi 08h00 – km 222
– Villaines La Juhel

Malgré cela on arrive avec 35 minutes d’avances vers 8h00 à Villaines La Juhel après 222 km. On retrouve Gérard qui s’occupe des ravitaillements.

On y boit du café et on repart.

Villaines La Juhel est sans doute le plus agréable des contrôles puisqu’il y a toujours un monde fou pour nous accueillir et nous applaudir.
 


Mardi 13h00 – km 310
– Fougères 

Toujours sous la flotte on arrive à Fougères après 310km vers 13h00.
 

Gérard fait son possible pour qu’on reste au sec lorsqu’on mange, mais il pleut tellement que malgré tous ses efforts l’eau s’infiltre de partout. Avec le vent, la bâche qu’il a mise sur sa camionnette s’envole sans arrêt.

Du reste la traversée de part en part de la Bretagne s’est faite qu’il pleuve ou non sous les applaudissements et les encouragements de tous les villageois des bourgades traversées. J’imagine l’ambiance lorsqu’il fait beau.

Christophe en fait un peu trop. Il mène assez rapidement un petit groupe face au vent et personne ne le relaye. Stéphan est encore un peu patrac, il ne mange presque pas et moi je fais ce que je peux pour aider Christophe. Finalement, après de nombreux kilomètres, on s’arrête et on continue à trois en laissant filer les autres.


Mardi 16h30 – km 364 – Tinténiac  

A Tinténiac après 364 km et vers 16h30 on mange une omelette lilliputienne (c’est pas voulu on s’est fait avoir, une plus grosse aurait aussi fait l’affaire) dans le resto du contrôle et surprise on retrouve Ornella et Myriam.

Pietro serait-il déjà en approche. Il fonce à du 30 km/h de moyenne, ne s’arrête presque pas aux contrôles et pense nous rejoindre vers minuit à Loudéac. C’est vraiment un gars hors du commun. Il pourrait facilement battre son temps d’il y a 4 ans, mais il va décider de rester avec nous.
 

On continue vers Loudéac en compagnie d’Antonio, un randonneur super-sympa qui a fait une partie des brevets qualificatifs avec nous et qui fait le Paris-Brest aidé de son fils. André L. nous a rejoint aussi et il continue avec nous.

Mais Christophe a cassé un rayon de sa roue arrière. Il peut continuer à rouler mais celle-ci voile. Peut-être pourra-t-on la réparer à Loudéac.
 


Mardi 21h00 – km 450
– Loudéac 

On continue jusque Loudéac à 450km qu’on atteint vers 21h00. C’est le contrôle final de la journée. On va y passer la nuit.

Mais mauvaise nouvelle, il fait tellement mauvais que Gérard n’a pas su mettre les tentes, et on va devoir aller dans le dortoir commun.
 

Mais avant cela on va dans un resto chinois, où on retrouve André L. et Philippe Courty qui va continuer avec nous jusqu’au bout pour faire de l’assistance.

Pietro arrive bien vers minuit et continuera le lendemain avec nous.
 

Christophe peut faire réparer sa roue dans l’atelier de réparation du contrôle. Mais ça aussi cela prend du temps. Et comme il n’est pas le seul à avoir des problèmes avec son matériel il faut attendre.
 

André L., Christophe et moi allons donc ensuite dans ce dortoir. Stéphan va dormir dans la voiture de Philippe.

Le dortoir… , l’enfer sur terre. Si on n’est pas capable comme André de dormir dès qu’on ferme les yeux, on oublie… Il faut déjà faire un ½ heure de file pour pouvoir se coucher sur un matelas et avoir une couverture. Comme il y a 250 dormeurs, c’est un concert de ronflements en tous genres. Toutes les 10 minutes un zot vient mettre sa lampe de poche dans les yeux, et c’est un va et vient continuel de ceux qui partent et ceux qui arrive. Inutile de dire que je n’ai pas dormi. Deuxième nuit sans dormir, combien de temps vais-je encore tenir ?
 

L’arrêt a été un peu trop long, on a perdu du temps dans le resto chinois et dans le dortoir. On part une heure plus tard que prévu.
 

A cinq heures, c’est le départ vers Carhaix-Plouguer avec 1 heure de retard sur l’horaire qui ne sera plus respecté et que j’oublie à partir d’ici. Faire un horaire, c’est bien quand on veut faire un temps, sinon cela n’a pas trop de sens. On sait qu’on a 300 ou 450 km à faire dans la journée et on les fait. En sachant à quelle vitesse on roule, on sait directement si on est dans le bon ou pas.
 

Christophe et Pietro, s’en vont a deux dès la première montée. Il ne pleut plus.
 

Déjà dans l’autre sens, on voit des cyclos qui reviennent de Brest. Ils ont déjà 300 km d’avance, ils ont roulé toute la nuit. Garder le moral…
 

Avec Stéphan pour une fois que je papote un peu, on rate une flèche. Malheureusement pour eux trois Américains nous suivent. Heureusement pour nous après 7 km de montées, chez l’un deux cela fait tilt, car à part nous sur la route il n’y a aucun cyclo. 25 minutes de perdues.

On arrête une voiture et une jolie demoiselle nous dit qu’on s’est trompé. C’est demi-tour et encore 15 minutes de perdues. On retrouve le bon chemin, 14 kilomètres de trop et 40 minutes dans la vue.

Il faudra commencer à surveiller l’heure pour ne pas arriver hors délai au prochain contrôle. En plus il y a un contrôle secret où on perd encore du temps. Comme je commence à défaillir (plus assez de carburant et sans doute ma laryngite m’affaiblit-elle (Je n’ai pas dit que j’étais presque aphone depuis le début, j’en connais certains qui vont dire que c’est comme d’habitude)), Stéphan se met devant pour m’aider et y reste jusqu’au contrôle.


Mercredi 09h30 – km 525 – Carhaix-Plouguer 

Finalement on arrive à Carhaix-Plouguer après 525 km vers 9h30 (1h de bon avant la fermeture, ouf). C’est là qu’on retrouve Guy. Cette fois je mange un repas complet avec soupe, plat et double dessert dans le resto. Je reprends des forces. 

Enfin il fait beau, on peut rouler en cuissards courts (c’est important à signaler, parce que c’est le seul après midi où on pourra le faire). Et c’est direction Brest avec Stéphan. Comme je vais mieux on avance bien. Mais ce qui est désespérant, c’est de toujours voir les autres qui reviennent. J’attend le coup de grâce : Pietro et Christophe qui ont déjà fait demi tour. Mais non, on ne les verra pas.
 


Mercredi 14h30 – km 615
– Brest 

Brest est atteint vers14h30 après 615 kilomètres. La traversée de la rade avec vue sur le pont est assez impressionnante. Au contrôle, on retrouve Myriam, Ornella, Gérard, Philippe, Dante et Rocco. Pietro et Christophe ne sont pas partis depuis si longtemps et on roule à +- la même vitesse mais pas au même moment.
 

Le retour vers Carhaix, se fait bizarrement assez facilement et rapidement. On dépasse tout le monde. Ca à l’air trop facile, ça ne va pas durer.
 


Mercredi 18h30 – km 699
– Carhaix-Plouguer

A Carhaix après 699 km vers 18h30 on retrouve Gérard et on mange un morceau de tarte.

C’est alors le retour vers Loudéac pour y passer une nouvelle nuit.
 

Une remarque sur certains cyclos français qui n’aiment pas qu’on les suive. Ils préfèrent s’arrêter plus tôt que de tirer un autre cyclo. Et quand je dis tirer, ça ne veut pas dire tirer sur des kilomètres, mais il ne faut pas attendre 500 mètres avant qu’ils aient cette réaction. Bizarre comme mentalité. Les étrangers n’ont pas du tout la même attitude.
 

Mais il recommence à pleuvoir. Comme ce n’était pas prévu au programme on a laisser nos jambières et protèges chaussures chez Gérard. On va donc affronter la flotte et le froid en cuissard court. Bonjour les tendinites.
 

Il fait nuit noire. Et c’est alors que sous la pluie au beau milieu de nulle part une forme humaine que l’on devine assise sur une chaise nous applaudit. Etrange comme impression mais cela nous réconforte.
 

Cela devient stressant. Il fait une nuit d’encre, il pleut, on y voit rien et les flèches sont toujours aussi petites. A chaque croissement, quand on voit qu’il y en a un, on s’arrête presque pour ne pas rater une de ces maudites flèches. Chaque fois qu'une voiture ou un camion arrive en face c'est l'éblouissement, et on ne sait plus très bien où est la route. Mais on continue, vaille que vaille avec un Italien et deux Américains et on fini par arriver à Loudéac. Mais c’est long.
 


Mercredi 23h00 – km 775
– Loudéac 

A Loudéac après 775 km vers 23h00 les tentes sont mises par Myriam, Ornella, Philippe et Dante, on pourra enfin dormir.

Mais j’ai terriblement faim, donc direction le restaurant du contrôle. Je perds du temps sur le sommeil mais je peux enfin manger un repas complet.
 

Et miracle sous une pluie battante je dors enfin dans la tente. Pas longtemps, 3 heures, mais c’est déjà ça. A 4h, c’est le départ, à quatre. On va rouler avec Pietro et Christophe.
 

Comme Christophe deux jours plus tôt, je m’aperçois que j’ai aussi cassé un rayon. La roue arrière voile un peu mais c’est possible de continuer à rouler. Je devrai faire les 450 km restant comme ça. On perdra trop de temps si on veut faire réparer.
 

Cela fait depuis le lundi que je ne me suis plus lavé et on est déjà le jeudi. C’est impossible. Il faut toujours faire la file pour les douches. Seul Christophe a trouvé le courage de faire cette file. Pour moi le plus important c’est de manger et dormir.
 

Maintenant on est parti au finish. On change par rapport au programme initial. On ne va plus s’arrêter. On va faire les 450 km d’un seul coup. Mais ça va être dur.

Coups de pompe sur coups de pompe. La nuit de jeudi à vendredi va être une des plus pénibles de ma vie. Quelle galère. Mais il va falloir s’accrocher.
 

Comme on ne se lave plus, on ne ch… plus non plus. Tout le monde pète sans arrêt et tout le monde commence à avoir des problèmes intestinaux. On s’arrête contraint et forcé par la nature et on y va gaiement, à la guerre comme à la guerre. 


Jeudi 08h30 – km 860 – Tinténiac

On arrive à Tinténiac vers 8h30 après 860km. J’engouffre un sandwich au fromage français  et on est reparti.  


Jeudi 12h00 – km 910 – Fougères 

A Fougères après 915km vers 12h une surprise nous attend. Myriam a eu l’idée géniale de nous acheter un demi poulet avec des pommes de terres et de la salade. Un festin de rois. On fait bombance. Quel bonheur. Merci Myriam.
 

Après ça, je ne sais pas ce qui se passe, on fait du 30 km/h de moyenne jusqu’au moment où Pietro entraîne avec lui Stéphan et Christophe à du 40 km/h. C’est trop vite pour moi. J’ai l’impression de ne plus avancer par rapport à eux mais je dépasse tous les autres cyclos. C’est étrange, est-ce que je suis cuit ou je ne le suis pas ? Je ne le sais même plus moi-même.
 


Jeudi 17h00 – km 1003
– Villaines La Juhel

On est de retours à Villaines La Juhel après 1003 km vers 17h. On avance.

A Villaines La Juhel c’est toujours la même folie avec une foule de gens qui nous applaudissent. On a l’impression d’être des stars du cyclisme. On a presque envie de dégainer un bic pour signer des autographes.
 

Encore un morceau de tarte et on est reparti. Cahin-caha. Je rate mon démarrage. Mon pied déclipse d’une pédale. Je bouscule un officiel, je vais en zigzag et ça devant des centaines de gens. C’est la honte. M’enfuir…
 

On retrouve André L. qui va rouler avec nous jusque Mortagne au Perche. Pietro commence à avoir des problèmes de tendinites. On commence à ralentir la cadence.  Je crève une troisième fois. Mais cette fois la roue arrière. Stéphan m’aide à réparer. Un fois de plus, seul les Anglo-Saxons demandent si tout va bien et si on n’a pas besoin d’aide. Personne d’autre ne le fait.
 


Jeudi 22h30 – km 1085
– Mortagne Au Perche

Mortagne est atteint vers 22h30 et 1085 km. Philippe nous a préparé un plat froid avec du riz de la viande et des fruits.
 

André n’en peu plus. Il doit dormir. Et à son grand désappointement on continue sans lui. Il voulait finir devant nous, c’est raté.
 

En fait ce n'est pas exact: André a volontairement arrêter à Mortagne au retour par mesures de sécurité et pour garder quelques réserves pour finir les derniers kms, ne voulant pas les terminer à l'arraché. Finir avant le groupe des 4 n'était pas son intention. Pour effectuer PBP en autonomie, il faut bien connaître son métabolisme, son angoisse, ses réserves humaines. une leçon de vie individuel dans un groupe collectif.

 Sur la route de Dreux, une Américaine toute paniquée de devoir rouler dans le noir me demande si elle peut suivre ma lampe rouge. Pas de problème, mais c’est Pietro qui fait le rythme, et dans les montées elle ne peut pas suivre. Dans un dernier souffle d’agonie elle nous dit au revoir et va dormir pour attendre le jour. 

Ca devient pénible de rouler. Les paupières pèsent une tonne. Fermer les yeux est impossible ou on dormira trop longtemps. Il faut continuer. Cela devient une torture. On passe des cyclos qui n’ont pas pu résister et qui dorment n’importe où.
 


Vendredi 04h00 – km 1159
– Dreux                         

Enfin on arrive à Dreux après 1159 km vers 4h00 du matin. Un bon café pour nous réveiller et c’est le sprint final. J’ai un début de tendinite au genou droit et je prie tous les Saints que je connais pour qu’il tienne les 70 km finaux.
 

A Dreux, j’ai une impression bizarre. Cela me dit quelque chose. Je suis déjà venu à vélo ici. Mais plus moyen de savoir quand. Et c’est le même phénomène qui se passe pour quitter Dreux que dans mes souvenirs. On tourne en rond. Je n’y comprends rien. On passe et repasse plusieurs fois aux mêmes endroits. Finalement on suit un groupe qui sort de nulle part et on s’échappe de Dreux. Etrange, j’ai l’impression de commencer à divaguer.
 

Le reste de la nuit va se faire à du 15km/h. On n'avance plus. On passe plus de temps à dormir sur le vélo qu’à pédaler. Mais miracle. Le soleil se lève et tout va mieux.

On commence à rouler mieux. On arrive enfin. On rentre en formation, Pietro, Christophe et moi le maillot du club, Stéphan le maillot belge de Randonneur.be. Enfin. C’est gagné.

Mais la route pour arriver n’en finit pas. Tous ces boulevards, tous ces ronds-points, tous ces feux surtout rouges à franchir. Je pense aux cyclos pour qui il ne reste plus que quelques minutes avant l’échéance et qui doivent se taper une série impressionnante de feux rouges.


Vendredi 09h15 – km 1230
– Saint Quentin En Yvelines

L’arrivée à Saint Quentin en Yvelines ne se fait pas sous des hourras d’applaudissements. La grande foule est prévue l’après-midi avec les arrivées massives. On est un peu tôt. Mais je ne m’en plaindrai pas. 

On y est arrivé.

D’après les vétérans, c’était l'un des Paris-Brest-Paris les plus durs du point de vue météo depuis longtemps. C’est d’autant plus gratifiant de l’avoir réussi.
 

Du point de vue tendinites, le résultat est : Pietro : 4, Christophe : 3, Stéphan : 0, moi : 1.

Pour l’anecdote. Christophe qui n’en rate pas une, a inversé son carnet où les cachets et heures de passages de chaque contrôle sont mis avec un autre. Jusqu’à la fin personne n’a retrouvé celui qui a hérité du carnet de Christophe. Il semble qu’il n’y aura pas de problème, mais il fallait encore cela comme émotion.

                                                ___________________
  


Comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, tous ceux du club ont réussi.

Les 2 André et Guy ont brillamment terminé leurs chevauchées solitaires. C’est un succès total : 7/7, c’est fantastique.
 

Mais il faut rentrer. On est donc de retours au camping pour voir si les tentes sont toujours là, n’ont pas été englouties dans les flots. Mais non. Il fait toujours aussi boueux et humide. Tellement humide qu’un petit crapaud s’est réfugié dans la tente.
 

Mais il faut dormir, sinon on va s’effondrer, et c’est ce qu’on fait dans un concert de ronflements.
 

Paris-Brest-Paris est terminé. Philippe veut déjà être dans quatre ans pour participer en temps que cyclo à l’aventure. Sachant que Freddy veut aussi y aller, cela fera encore plus de monde. Mais cela demande tellement d’énergie de le faire, tellement de sacrifices pour la préparation, que la décision de faire un deuxième n’est pas encore prise pour moi. Il faut d’abord que je récupère et que les mauvais moments s’érodent dans mon esprit.



 

Le site suivant vaut la peine d'être parcouru. C'est un site canadien très complet sur PBP avec pleins de références vers d'autres sites anglais et français contenant des photos et des récits de PBP 2007: http://www.randonneurs.bc.ca/pbp/main.html.