30/04/2009

Pesaro 2009 : Le récit

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Voyage à Pesaro 2009

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Cette année le club est parti à Pesaro pour une semaine entre le 12/04 et le 19/04/2009.

C'est motivée comme tout, que la petite bande composée d'Ornella, Luisa, Isoline, Isabelle, Myriam, Dante, Jos, Freddy, Renaud, Umberto, Fabien , Pietro, Daniel et son épouse, Gérard et moi a établi ses pénates dans l'Hôtel Rossini, un hôtel 3 étoiles, où le service était impeccable.

Pesaro, qu'est-ce que c'est et où est-ce ? La province de Pesaro et Urbino est la plus au nord de la région des Marches dont Ancône est la capitale. La région est située entre entre la mer Adriatique et les monts Apennins, comprise entre la Romagne, la Toscane et la Ombrie. On passe des plages de sable fin aux collines parsemées d'anciens bourgs et châteaux. La ville de Pesaro, située dans la province du même nom, compte 91 000 habitants. Pesaro est une ville de la côte de l'Adriatique, au sud de Rimini. Elle doit sa création aux Romains. De nombreux et superbes bâtiments témoignent encore de l'époque où la ville a été fondée.

Pesaro en elle-même possède un port de pêche. Pesaro est également connue pour sa station balnéaire.

Au centre de la ville, on trouve la place principale de Pesaro, la Piazza del Populo. Les nombreux petits cafés qui bordent la place permettent d'observer l'agitation sur la place en buvant un cappuccino, ce que nous nous sommes empressés de faire. Une fontaine constitue le point central de la splendide place ; elle encourage les visiteurs à y jeter des pièces comme promesse de retour. La ville de Pesaro présente quelques traces de l'époque romaine et de celle de la Renaissance. On le voit particulièrement bien sur les nombreux bâtiments historiques restaurés. L'ancien bâtiment de la poste par exemple date à l'origine du XIVe siècle et attire tous les regards.

Le musée de la ville présente une collection de céramiques très colorée et opulente. Le Museo Archeologico Oliveranio montre des trouvailles archéologiques, des sculptures et bien d'autres choses datant de l'époque romaine.

La promenade du bord de mer mène à un bâtiment absolument impressionnant: La Villa Ruggeri, décorée de stuc, est une battisse typique de l'Art Nouveau italien. Pour les amateurs de soleil et Fabien, Pesaro a une plage de 3 kilomètres de long. En avril l'eau est encore un peu froide mais comme elle n'est pas profonde, dès que le soleil est là, elle se réchauffe assez rapidement.

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Comme nous sommes venus là pour faire entre autres du vélo, il fallait savoir ce que nous allions faire. Normalement un cyclo-moniteur italien aurait du prendre en charge les cyclo-touristes et les emmener en peloton faire le tour de la province. Comme aucun cyclo italien n'était présent, nous nous sommes débrouillés tout seul. Un guide (en papier) reprenant différentes balades cyclos est édité par la province de Pesaro et Urbino. Ils vont de 50 à 80 km, ce qui vu le dénivelé important de la région est plus que suffisant. Ces itinéraires passent par les nombreux points d'intérêts de la région. Comme j'avais prévu le coup, j'ai mis tous ces parcours dans le GPS du club et dans celui de Fabien, et ce ne sera pas un problème pour s'y retrouver. Sauf que Fabien a fait une fausse manœuvre avec son GPS et a tout effacé.


Le groupe n'est pas vraiment homogène du point de vue force physique et entraînement, cela va des coureurs presque pro que sont Renaud et Fabien, à Daniel qui est limité en montée vu son « grand âge ». Mais ce n'est pas un problème, nous nous attendrons.


Le premier jour : Le parcours fait 63,6 kilomètres à partir de Fano qui est située 12 km au sud de Pesaro. C'est un parcours sans grosse difficulté. Deux grosses montées sont prévues pour arriver à 382 et 417 mètres (en partant du niveau de la mer). La météo n'est pas terrible, tout est recouvert d'une brume impénétrable. Ce qui fait qu'à part la route on ne voit pas grand-chose. Tout le monde est présent. On passe par Monteciccardo, Monbaroccio, Beato Sante et Cartoceto, superbe pour ce qu'on en voit. Comme prévu, et ce sera imperturbablement comme cela, Renaud et Fabien s'envolent, Pietro n'est jamais loin, Freddy, Gérard et moi, on se relaye dans les côtes, Jos y va de bon cœur, Umberto s'accroche et peste, tandis que Daniel toujours de bonne humeur monte à son rythme et s'arrête quand il le faut. Puisque Fabien n'a plus de trace, tout le monde attend que j'arrive à chaque bifurcation.


C'est donc la journée découverte. Comme c'est le dimanche de Pâques, les paroisses organisent la « colatione », c'est-à-dire une table garnie de gâteaux aux œufs, des fruits, du vin, ... Les plus pieux d'entre-nous se font inviter ça et là à ce ravito improvisé.


Le retour entre Fano et Pesaro est plat, c'est donc toujours un long sprint de 12 kilomètres mené à +- 40 km/h, et ce sera généralement une course poursuite entre les petits groupes, Pietro en tête.


Le deuxième jour : Le soleil est là, et il restera jusqu'au bout. Cette fois le parcours fait 84,7 km mais il part de Marotta encore plus loin que Fano. Résultat 120 km en tout. Ce parcours à l'air plus facile que celui de la veille, mais c'est une grave erreur. C'est une suite ininterrompue de montées et descentes vers chaque village fortifié généralement planté en haut de toutes les buttes et collines. Daniel fait l'impasse.


Visiblement c'est trop dur pour Umberto qui n'a pas l'entraînement requis. A Barchi, lorsqu'une flèche Fano a eu le malheur d'apparaître, ni une ni deux, Jos et Umberto s'en vont. Gérard par solidarité les suit.


On continue à cinq, et c'est vrai que c'est assez costaud comme parcours. San Costanza, Orciano di Pesaro, Barchi, Sant'Ippolito et Montemaggiore al Metauro sont franchis les uns après les autres. Montemaggiore al Metauro n'est pas mal et on s'y arrête pour manger. Une pizza à 20 € est trouvée. Elle est dévorée en 2 secondes.


Non, c'est ce que tout le monde a cru au retour. Mais en fait nous avons trouvé un chouette resto où nous nous sommes régalés une bonne partie de l'après-midi. Comme quoi le vélo mène à tout à condition de s'arrêter. Dommage pour Jos, Gérard (le vin... un régal), et Umberto. Temps forts de l'escale : les poissons grillés, la levrette couronnée, la crucifixion de Fabien et les stigmates sanglants de Freddy, l'essai des toilettes de la suite présidentielle, ...

Voilà qui mérite un peu de publicité : http://www.duecampanili.it/ristorante.html


Fano-Pesaro, course de Pietro et Renaud contre Fabien, Freddy et moi. Rien à faire.


Le troisième jour : Petit parcours « facile » de 45 kilomètres qui part de Pesaro. Tout le monde est présent. Nous passons par le port de Pesaro et nous attaquons les falaises en passant par Villa Imperiale et Fiorenzula. Une succession de petites relances sur la corniche avec une vue imprenable sur la mer Adriatique, superbe, un régal.


Passé Fiorenzula, un petit cafouillage se produit. Pietro démarre sur l'autostrada en direction de Rimini. Comme on ne peut pas l'abandonner dans son trip, on le poursuit et Fabien le rattrape pour l'arrêter sur une bretelle. On est fou...


Il faut récupérer le parcours, avec le GPS cela se fait sans problème. Et nous voici à Gradara. Comme il faut faire grimper tout le monde dans la citadelle, je fais croire que le parcours passe par là. Je suis cruel, et tout le monde grimpe par un raidillon digne de Grammont.


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Cela en vaut la peine, c'est superbe et cela aurait mérité une visite plus importante. Ensuite tout le monde redescend. Peut-être la première envie de meurtre est-elle née ce jour-là chez Umberto.


Comme nous avons fini assez tôt, nous partons en bus vers Urbino tous ensemble. Il a fallu un peu zoner pour trouver l'arrêt du bus à Pesaro mais après une bonne ½ heure, nous y sommes arrivés. Entretemps, Fabien s'était rabattu sur une première trempette dans l'Adriatique avec ses nouvelles slaches roses.


Mais Urbino est une merveille. Sans doute la plus belle cité que j'aie vue pendant notre séjour. C'est vraiment l'endroit incontournable de la région.


Urbino est déclarée par l'Unesco Patrimoine de l'Humanité. Le Palais Ducal de Federico da Montefeltro représente le symbole de la renaissance. Nous avons pu le visiter puisque l'exposition du peintre Raffaello e Urbino s'y tenait. Une grande partie des oeuvres de Raphaël y étaient. Grand moment. Daniel comparait son crayonné avec celui du peintre. Il y a encore du boulot. L'autre moment fort de la visite était la visite des sous-sols du palais. Il fallait imaginer ce que c'était quand c'était bouillonnant d'activité.


Ce sont les yeux éblouis de tant de beautés que nous sommes retournés à Pesaro, avec notre bus articulé, qui allait plus vite en descente qu'en montée, comme à vélo.


Le quatrième jour : Le but : San Marino : 120 km et 2000 mètres de dénivelé. On va déguster.


Le GPS n'est pas programmé, c'est à Fabien de montrer tout son talant de programmeur GPS et de lecteur de carte. Une grosse heure de la nuit y passe. Un mot d'ordre : faire au plus court. Pour moi c'est une erreur, connaissant le relief, on va passer par toutes les collines possibles et imaginables au lieu de les contourner. Et c'est ce qui se passe. La Galère d'Umberto peut commencer.


Des côtes à 20% sont franchies (dont le devenu célèbre Monte Colombo), des descentes à 70 km/h sont dévalées. C'est infernal.


Mais la vision de San Marino planté sur son rocher est impressionnante et fait oublier toutes nos souffrances. C'est un rocher d'une altitude de 600 mètres qui dépasse tout le relief avoisinant. Je comprends en voyant cela que San Marino est restée indépendante jusque aujourd'hui.


San Marino est atteinte. Umberto souffre mais tient bon. C'est presque un autre monde. La police y est omniprésente, et l'intérieur de la ville est rempli de petites boutiques tenues par de charmantes ... russes qui vendent tout et n'importe quoi. C'est un peu une déception. Après avoir vu Urbino et San Marino, c'est presque le jour et la nuit.


Le retour se fait par la route panoramique. (Photo : à l'arrière-plan, le rocher de San Marino).


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Elle porte bien son nom mais il faut monter à 600  mètres. Je n'ose plus rien demander à Umberto. C'est sans doute ce jour que sa deuxième envie de meurtre a germé dans son esprit.


Le cinquième jour : Repos : Visite de San Marino et de Fano avec tout le monde, sauf Fabien qui fait bande-à-part pour s'essayer à la trempette dans l'Adriatique. Fano avec une superbe exposition sur les radios Marconi du début aux années 50 sponsorisée par la marine italienne. Ornella a raté la photo de la semaine en refusant de se faire photographiée avec le beau marin italien qui nous surveillait du coin de l'oeil.


Le sixième jour : On refait le parcours du 1er jour. Comme c'est plein soleil on verra enfin les paysages. Renaud bizarrement en méforme raccourcit le trajet avec Jos, Daniel et Gérard. Ils ont vu une flèche « Pesaro » direct.


A quatre on continue, et on s'arrête à Cartoceto. Freddy et Fabien ont l'idée de faire un déjeuné avec les produits locaux vendu au petit marché local. On se régale. Mais le retour à plein régime entre Fano et Pesaro est un peu laborieux. Pietro est parti seul devant et joue un peu avec Fabien qui ne peut pas revenir.


Comme l'après-midi est destinée au shopping, Fabien et moi décidons de zoner dans Pesaro. Une bibliothèque historique est visitée avec un guide improvisé tout heureux de pouvoir nous montrer ses richesses : un exemplaire de la deuxième Encyclopédie, des cartes marines du XVIème, des manuscrits enluminés, ... Tout ça ... en Italien... Une conférence sur les aqueducs romains de Pesaro présentée par 4 universitaires est écoutée, en italien... Nous posons deux ou trois questions pertinentes et recevons un livre pour Eric, notre spécialiste-maison.  Et enfin le soir dans le théâtre Rossini,  un film muet « The Lodger » d'Hitchcock est visionné accompagné d'une œuvre musicale originale d'un artiste local. Nous avons passé une bonne soirée, le théâtre est magnifique, la musique était belle, et le film muet sous-titré en italien un peu difficile à suivre.


A ce régime-là l'italien n'aura plus de secret pour moi, si on restait encore quelques semaines à Pesaro.


Que retenir : Il a fait superbe, nous avons roulé à vélo dans de magnifiques paysages. L'Italie est un pays tellement riche qu'une vie ne saurait être suffisante pour tout voir. Les côtes sont dignes de Stavelot puissance dix. La glace italienne est un vrai délice avec une variété de choix à rendre fou n'importe quel petit et grand enfant. Les pâtes sont variées, et avec à chaque fois une nouvelle façon de les accompagner. Et les cocktails mexicains, dont c'est le Mohito qui a eu un succès fou, sont innombrables mais terriblement forts (surtout les améliorés, Freddy est passé par là). Heureusement que les boites de nuit doivent fermer à 2 heures du matin. C'est donc sur les rotules en ce qui me concerne, en roulant moins bien à vélo à la fin qu'au début que le séjour s'est terminé. Nous sommes rentrés en Belgique, heureux par tout ce que nous avons vu et vécu. Et visiblement d'autres que moi ont eu un coup de mou au retour.

Récit d'Alain Darville, revu et corrigé par Fabien Moreau.


Les profils des parcours:
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Parcours jour 4 :
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