31/05/2008

Bruxelles-Nice 2008 : Les étapes et le récit

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Bruxelles-Nice 2008

 

Les photos de Bruxelles-Nice 2008

 

 

Bruxelles-Nice 2008: Les étapes

Le parcours de Bruxelles à Nice se fera en 7 étapes longues de 150 à 190 km. Le parcours est tracé pour être fait à vélo. Le but est d'éviter le plus possible les grands axes.

Les cartes suivantes montrent le parcours ainsi que le profil. Sont marqués aussi les points intéressants le long du trajet.

Un ficher GPS (.GPX) compatible Garmin peut être déchargé du site.

 



Etape 1:  Bruxelles à Laon
(178 km)   (Lien vers carte et relief)  

Etape 2:  Laon à Saint-Dizier  (163 km)    (Lien vers carte et relief)

Etape 3:  Saint-Dizier à Dijon
(176 km)    (Lien vers carte et relief)

Etape 4:  Dijon à Villefranche-Sur-Saone (174 km) 
 (Lien vers carte et relief)

Etape 5:  Villefranche-sur-Saone à Seyssins (141 km)
(Lien vers carte et relief)

Etape 6:  Seyssins à Digne-Les-Bains
(171 km)  (Lien vers carte et relief)

Etape 7:  Digne-les-Bains à Nice (147 km)   (Lien vers carte et relief)   





Le récit de Bruxelles-Nice 2008

Par Alain Darville

Bruxelles-Nice à vélo. C'est une première pour nous. Ce n'est pas Paris-Pékin mais c'est déjà une petite aventure. C'est plus de 1200 km à faire en sept jours.

Pietro a entraîné avec lui, Charlie, Christophe, Guy, Laurent, Freddy, Gérard et moi. Tout le monde est heureux de faire ce voyage. Cela va être dur mais on va s'amuser.

Il a été décidé de faire ce Bruxelles-Nice en sept étapes longues de 140 à 180 km. Le tracé du parcours est fait en fonction des hôtels. Et les sept étapes seront Laon, Saint-Dizier, Dijon, Villefranche-sur-Saone, Grenoble, Digne-les-Bains et Nice.

Le suivi du tracé va se faire avec deux GPS. Celui du club et celui de Laurent.

L'avantage d'avoir deux GPS, est que l'on peut se contrôler l'un l'autre dans les moments d'hésitations. Cela nous permettra de gagner un temps fou et de ne pas rechercher continuellement le chemin. Le tracé est fait via les sites http://www.michelin.be/ et http://www.routeyou.com/.

Le tracé est fait pour éviter un maximum les grandes routes. Et cela va s'avérer être un choix payant. Le parcours sera presque toujours superbe. A part à l'entrée et à la sortie des villes, le trafic routier est évité, on va rouler parfois pendant une heure ou deux sans voir de voitures.

Pietro prête sa camionnette pour transporter les bagages et faire l'intendance. Cela veut dire que l'un de nous devra se dévouer pour abandonner temporairement son vélo. Ce sera à tour de rôle.



Étape 1 : Bruxelles à Laon (189 km - 1150 mètres de dénivelées)

Le départ de l'étape se fait pour marquer le coup à l'Atomium. Charlie qui doit encore travailler la matinée nous rejoindra plus tard avec la camionnette.

On fait quelques photos, et on est accaparé par un groupe de chinois qui veulent absolument être photographiés avec nous. Ils doivent nous prendre pour des pros avec nos maillots du club. Comme chaque Chinois veut sa photo à coté de l'un de nous, cela prend un peu de temps. C'est bizarre de les voir s'extasier devant l'antique vélo de Guy alors qu'à coté se trouve le vélo super-carboné de Pietro. Mais comme Guy semble parler chinois puisque c'est le seul qui discute avec eux, cela peut peut-être s'expliquer.

Guy avait crevé au kilomètre -500 mètres. Il faut aller regonfler correctement son pneu chez lui. C'est un petit détour de quelques centaines de mètres. Et c'est parti...

Il fait chaud, c'est presque la canicule, et le vent n'est pas vraiment favorable puisqu'il va dans le sens opposé à notre progression. C'est donc vent de face qu'on y va.

Après quelques kilomètres Laurent manque déjà de se faire écraser par un c... qui tourne à gauche à pleine vitesse. C'est alors qu'on s'aperçoit que Laurent s'emporte facilement.

La progression se fait calmement, via les routes de campagnes, on arrive à Mons, et ensuite c'est direction la France. Passé la frontière, c'est vraiment l'aventure qui démarre.

Après Bavay on plonge dans la Forêt de Mormal. Cela fait du bien, pendant vingt kilomètres on est à l'ombre. En pleine forêt on trouve même une petite auberge où on peut se désaltérer. An repartant je crève un pneu, on répare et on récupère Charlie à Landrecies. Charlie qui commençait à se demander où on était puisque le tracé GPS ne correspondait pas tout à fait à la feuille de route.

Gérard prend le relais de la camionnette et Charlie, frais comme une rose, s'intègre dans le micro-peloton.

On continue via Etreux, Guise, La Hérie-La-Viéville, Crécy-sur-Serre. Au loin on voit Laon et sa cathédrale haut perchée, l'étape touche à sa fin.

Mais à Crécy-sur-Serre dans un café pris d'assaut par hasard, Freddy retrouve ses tantes et cousins. Les retrouvailles sont chaleureuses, tellement chaleureuses qu'on doit partir en catimini avant que tous les cousins ne débarquent et qu'on y passe la nuit. Chaque fois qu'un représentant de la famille de Freddy ne sorte d'on ne sait où, il faut réexpliquer ce qu'on fait comme voyage. Comme Freddy dit qu'il a une grande famille de plus de 200 personnes, cela fait un peu peur.

C'est regonflé qu'on rallie l'hôtel à Laon.



Étape 2 : Laon à Saint-Dizier (174 km - 1000 mètres de dénivelées)

Le départ de Laon se fait de façon chaotique, le GPS nous envoyant sur une route qui n'existe plus.

Mais ça commence à monter. Les petites toutes, c'est chouette, mais ça monte plus fort que les nationales. Pietro nous suit avec la camionnette et fait des photos dans les côtes.

Freddy essaye le vélo de Pietro. Il s'aperçoit vite qu'un développement de 39x21, c'est un peu juste pour faire les montées. Le vélo est terrible mais il faut de la force pour le hisser en haut.

Après les photos, Pietro essaye la caméra de Freddy.

Après avoir fait une belle descente, on s'attend pour continuer et Guy arrive. Il s'arrête, regarde son pneu avant, fait oh oh, juste avant que la boulangère locale ne klaxonne avec sa voiture, suivit directement du bang supersonique de l'éclatement du pneu de Guy, le tout filmé en direct par Pietro. Tout le village est à sa fenêtre. Chacun mettant du temps à comprendre ce qui s'est passé. Le pneu avait déjanté, ce dont s'est aperçu Guy, mais trop tard, la chambre à air n'a pas résisté. Un trou de 3 cm était visible dans celle-ci. Le film de Pietro est irrésistible. Même en boucle il fait toujours rigoler. A voir absolument à la sortie du film du périple.

Le pneu remplacé, on passe par Pontavert, Roucy, Hermonville.

Comme c'est plus fort que nous il faut absolument qu'on passe devant des cyclos régionaux qui font leur brevet du samedi. Avec l'aspiration de la camionnette et l'accélération progressive de Pietro, c'est fait facilement. On voit alors que Gérard est un ancien pro du vélo puisqu'il est vraiment collé au pare-choc. On a gagné, un petit peu triché mais on est content.

Avant d'arriver à Reims, c'est une longue descente en passant par les vignes (qui ne sont pas les meilleurs du cru d'après les cyclos régionaux).

A Reims on s'arrête à la Cathédrale, toujours aussi belle et impressionnante. Et Freddy nous invite à boire le Champagne en face de la cathédrale. Comme on ne devait faire que visiter la Cathédrale pendant 5 minutes, Laurent était resté près de la camionnette pour la surveiller. Après trente minutes il arrive et nous voit en train de déguster notre champagne. C'est alors qu'on s'aperçoit que Laurent est assez bougon (sur ce coup-là, je le comprends).

A Reims on s'arrête encore pour dîner dans un bistro. Mais l'étape de Reims nous a pris beaucoup de temps, et maintenant il faut rouler avec encore un fort vent de face. Cela va être pénible jusque Saint-Dizier.  Freddy prend le relais de la camionnette, et ça commence à rouler assez fort. On passe par Châlon-en-Champagne, et puis les petites routes jusque Saint-Dizier. C'est toujours aussi beau, un peu plus plat mais on n'avance pas vite. On fait quelques détours, car le GPS nous envoie parfois sur des routes en pierrailles ou en terre, Christophe prend le relais de Freddy et on finit vaille que vaille assez fatigué.



Étape 3 : Saint-Dizier à Dijon (193 km - 1450 mètres de dénivelées)

En partant de Saint-Dizier, on suit la route D2. Parfois en s'en écartant, parfois dessus au grès des fantaisies du tracé GPS. Gérard qui conduit la camionnette en devient fou, il ne sait jamais où on est.

Charlie s'aperçoit qu'on ne passe pas loin de Colombey-les-Deux-Eglises. Ni une, ni deux on fait un petit détour pour aller voir la tombe du Général de Gaulle. La tombe du Général de Gaulle est impressionnante par sa simplicité. Seuls sont gravés le nom « Charles de Gaulle » et la date de naissance, sa femme et sa fille l'accompagnent et rien d'autre, pas de fleur.

Colombey-les-Deux-Eglises est un site touristique, il y a donc des petits restaurants et des bistros où l'on peut facilement manger. Ce qu'on ne se prive pas de faire.

Ensuite la route est un vrai régal, les paysages sont superbes, variés et agréables. Il fait toujours aussi chaud, je suis toujours aussi cuit, mais c'est tellement chouette qu'on s'en fiche. On passe par Richebourg, Giey-sur-Aujon, Saint-Loup-sur-Aujon, Auberive où on s'arrête pour boire un grand verre et se désaltérer.

Ensuite après Cussey-les-Forges on prend les routes fort fréquentées jusque Dijon. Pietro lâche son frein à main et fonce, suivi de Christophe mais pas des autres. Le 45 km/h est difficile à tenir sur les longues distances. Laurent râle parce qu'il est dans la camionnette et qu'il n'a pas pu se défouler. Mais le Bruxelles-Nice est long et il prendra son pied à d'autres occasions.



Étape 4 : Dijon à Villefranche-sur-Saône (177 km - 650 mètres de dénivelées)

Freddy pensant qu'on va passer par les vignes de la Bourgogne veut rouler dans la camionnette pour filmer. Mais c'est raté. L'étape est longue et on va rester dans la plaine de la Saône jusque Villefranche. La plaine de la Saone est gigantesque, on voit bien les collines au loin mais cela ferait un trop grand détour pour y arriver. La sortie de Dijon est longue, la route qui suit est assez fréquentée et assez monotone. Heureusement les fantaisies du GPS nous font parfois perdre les grandes routes et nous font perdre Freddy par la même occasion (pour lui c'est malheureusement, vive le GSM pour s'y retrouver). Freddy s'embête un peu puisqu'il ne peut rien filmer d'intéressant, et Charlie prend donc un grand relais dans la camionnette.

C'est une étape de transition assez monotone, mais comme le vent n'est enfin plus trop défavorable elle est avalée à plus de 28 km/h de moyenne. Guy a les premiers signes d'essoufflements.

Villefranche ne restera pas inoubliable, surtout pour son hôtel. Le moins bon de la série.

Comme on est enfin arrivé assez tôt à l'hôtel on veut en profiter pour déguster une bonne bière. C'est encore raté, tout ce qui est alcoolisé ne peut pas être servi qu'après 19h15. On se contente d'une bière sans alcool chaude et plate, avant que le vent du premier orage de la semaine ne nous envoie tout le pollen et la poussière dans la figure. C'est le repli à l'intérieur en attendant le souper.



Étape 5 : Villefranche-sur-Saône à Seyssins (162 km - 1100 mètres de dénivelées)

C'est une étape intéressante, on va enfin voir les premières montagnes. Les Hauts plateaux du Vercors sont toujours aussi grandioses. Mais avant cela, c'est mon tour de conduire la camionnette. Je vais rater la traversée de Lyon. Je dois attendre mes camarades à Heyrieux. Mais à Heyrieux, à voir leurs têtes je n'ai pas raté grand-chose. Cela à pris plus de temps que prévu, le GPS les a envoyé faire quelques détours (je n'ai pas compris pourquoi), et Guy commence à en avoir assez. Il semble y avoir de l'orage dans l'air.

Je vais chercher le ravitaillement, pas facile, il n'y a pas grand-chose, et je les perds. C'est assez stressant de rechercher des cyclos sur les petites routes. Par GSM on se donne rendez-vous. Je teste donc l'agilité de la camionnette sur les routes de campagnes à leur recherche et je les retrouve presque par hasard, soulagé de les revoir mais déçu de devoir rendre la camionnette, parce que Guy veut arrêter. Il ne veut plus rouler. Ca va trop vite pour lui et il ne profite pas de son voyage.

C'est à ce moment que Laurent a son deuxième coup de colère. Comme on ne l'écoute pas quand il donne les indications pour suivre la route, Laurent, qui avait récupéré son GPS qu'il avait donné à Guy, lance celui-ci à travers champs (pas Guy, le GPS). Tout le monde à l'air sur les nerfs. Mais tout le monde va se calmer, on retrouve le GPS, on mange et c'est reparti. C'est le seul moment de tension de tout le parcours.

Je reprends donc mon vélo, puisque Guy ne veut plus rouler. Guy finira le voyage dans la camionnette, et nous aidera avec l'intendance. Comme Guy est têtu comme une mule il ne veut plus changer d'avis.

Ce n'est pas un chemin très facile, il fait chaud, et la route est très vallonnée.

On retrouve Guy à Le-Grand-Lemps où on s'arrête à une terrasse de café.

A la sortie de Le-Grand-Lemps, la petite route vers Rive s'avère être une route en gravier impraticable par le vélo de courses. Il faut donc faire demi-tour et rechercher la nationale. Dans la descente de Rives à plus de 60 km/h on est dépassé en trombe par des poids lourds qui nous frôlent. C'est un moment assez stressant et la nationale est vite abandonnée pour les petites routes tranquilles.

Le Vercors est en vue. Les Hauts Plateaux sont impressionnants et se voient très longtemps avant de s'en approcher. Par Moirans et Voreppe en suivant l'Isère on arrive à Grenoble. Mais c'est long. Grenoble est encaissé entre deux chaînes de montagnes et il faut longer pendant des kilomètres l'Isère.

Grenoble est une ville universitaire où les vélos sont les bienvenus. Il y a beaucoup de pistes cyclables (pas toujours très facile d'accès), mais le peu qu'on en a vu, semble laisser penser que c'est assez agréable comme ville. On arrive à l'hôtel avec la pensée que le lendemain on attaque la montagne et l'étape la plus longue du périple.



Étape 6 : Seyssins (Grenoble) à Digne-les-Bains (194 km - 2500 mètres de dénivelées)

C'est sans doute la plus belle étape mais aussi la plus dure. La sortie de Grenoble est déjà une petite galère. Il y a très peu de ponts et le pont qu'on devait franchir pour passer l'Isère et rejoindre la route Napoléon est interdit aux vélos. C'est donc une marche arrière pour rejoindre le pont précédent et c'est déjà 6 km de plus que prévu. Grenoble est une ville construite en longueur et il faut du temps pour la quitter.

Guy nous a déconseillé de prendre la route Napoléon pour attaquer la montagne. Une pente de 13% pendant 6 km nous y attend. On fait donc un détour et on passe par Notre-Dame-de-Commiers et la Motte-Saint-Martin pour rejoindre La Mure et le chemin prévu. On est passé de 220 mètres à Grenoble à 800 mètres. Et ce n'est pas fini.

Après avoir quitter la Mure par une longue descente et avant d'attaquer le Col de Masserange, on passe par un pont impressionnant. Impressionnant par la hauteur. C'est le pont idéal pour le saut à l'élastique.

Maintenant les vrais cols sont là. Christophe et Laurent vont prendre leur pied et enfin pouvoir se défouler dans les montées en lacets.

Après le col on reste à 800 mètres, on passe par Saint-Sebastian, Cordéac et la Croix de la Pigne. Comme ça ne monte pas trop, Freddy s'en donne à cœur joie pour filmer.

Après avoir dîné les choses sérieuses commencent. On va attaquer le Col du Festre (1422 mètres) par une très longue montée. C'est le point culminant du parcours et il commence à faire froid.

Mais ce n'est pas fini. Comme la montée était longue, la descente l'est tout autant. Naturellement elle se fait plein tube, comme ce sont de longues lignes droites, cela se fait sans problème. Mais juste après on réattaque un nouveau col : Le Col d'Espreaux (1100 mètres), en passant par le Moulin du Pied de la Poua. Cela vaut la peine de faire la traversée de la France rien que pour voir tous les noms des villages et hameaux traversés. Le Col d'Espreaux est impressionnant. On se croirait dans un paysage lunaire. Il n'y a pas de végétation, la terre est nue.

Gérard un peu fatigué, et voulant a tout prix faire la dernière étape à vélo, finit le parcours dans la camionnette avec Guy.

On va rejoindre la Route Napoléon qu'on avait à peine effleurée en passant par La Mure. Mais pas pour longtemps, directement on part sur les collines le long de La Durance, et on passe dans d'immenses vergers.

On commence à fatiguer, et une halte bien venue est faite à Sisteron. Cette ville pour le peu que j'en ai vu vaut sûrement le détour.

En quittant Sisteron, Laurent a son troisième coup de colère. Une voiture force le passage alors qu'on marque notre intension de tourner à gauche. Laurent poursuit alors la voiture en l'invectivant de toutes les insultes qu'il connait. Pietro était déjà prêt à lui porter secours en cas de bagarre généralisée. Mais l'automobiliste s'enfuit, Laurent doit renoncer à le poursuivre. Laurent ne peut pas lutter à vélo.

Ensuite on reste sur la Route Napoléon car elle n'est pas trop vallonnée et on finit comme on peut jusque Digne-les-Bains. Charlie et Laurent mènent le tempo sur un rythme assez élevé. La route est encore longue et c'est usant de devoir remettre les grands braquets.

C'était l'étape la plus longue et la plus dure. On est resté près de 9 heures sur le vélo, mais on y est arrivé.



Étape 7 : Digne-les-Bains à Nice (155 km - 2300 mètres de dénivelées)

C'est la dernière étape. Guy ne veut toujours pas quitter la camionnette (sauf la nuit pour dormir).

Comme on est là pour s'amuser, en quittant Digne-les-Bains qui est à +- 550 mètres on attaque directement le Col de Corobin en passant par le Col de la Pierre Basse. Ce sont deux cols qui ont été franchis par le Tour de France du temps d'Armstrong. C'est sans doute le Col le plus difficile. La pente est de minimum 8% avec des pointes à 12%. L'altitude maximum est de 1200 mètres. Mais la descente est encore plus impressionnante que la montée. On perd 500 mètres en 5 km.

On récupère la Route Napoléon où le trafic n'est pas trop dense.

Je pensais que le relief serait moins accidenté sur cette route. Et bien que nenni. Pas du tout. Après avoir roulé groupé, on se refait un nouveau col : Le Col de Lèque à près de 1200 mètres d'altitude. Le tracé de la route est impressionnant. Cela a du être un travail de titan pour y arriver. Elle est vraiment taillée dans la roche.

La descente vers Castellane se fait plein pot. C'est une longue descente avec beaucoup de beaux virages, de quoi s'amuser. Castellane est très jolie avec ses très vielles maisons. Mais ce n'est pas fini on va remonter à 1100 mètres en passant par le Col de Lueng.

Ensuite on quitte la Route Napoléon, pour passer dans une longue vallée en suivant la rivière La Lane. La pente en montée est très faible, et la progression facile. Mais il pleut vraiment pour la première fois. Et il fait froid +- 10°. Comme on n'a pas pris la peine de mettre les vêtements d'hiver on est vite gelé. Mais la montagne sous la pluie est aussi belle que sous le soleil. Les nuages sont collés aux montagnes et c'est magnifique. Dans la descente vers Gréolières, même gelés, Freddy, Christophe, Laurent et moi on ne peut s'empêcher de s'arrêter pour filmer et faire des photos de cet extraordinaire paysage.

A Gréolières Pietro aperçoit un tout petit café et on s'y engouffre. Du coup le café est bondé, mais le patron est super sympa. On essaye de se réchauffer.

Charlie qui n'en rate pas une, décide de nous faire grimper le Col de Vence (à plus de 1000 mètres). Comme je suis à moitié engourdi je ne réagis pas, mais j'aurais du. Ce n'est pas la route prévue. Celle-ci devait être une longue descente vers Nice en longeant la rivière Le Loup et ses gorges. Je m'en aperçois au carrefour de séparation, mais c'est trop tard, Christophe est déjà au sommet du col et il faut le rejoindre.

Dans la descente, comme pour se venger de ce col supplémentaire le vélo de Charlie perd la boulle. Chaque fois qu'il freine il part vers la gauche ou vers la droite. La direction a un problème et Charlie fait la descente à du 10 à l'heure.

On l'attend longtemps à Vence, et comme la route vers Nice est encore longue et souvent en descente, à ce rythme on n'y arrivera jamais. Du coup, Pietro échange son vélo avec celui de Charlie et c'est reparti. Pietro est à peine gêné par le comportement erratique du vélo de Charlie, et même comme ça le groupe a des difficultés à suivre la cadence de Pietro. A chaque passage de feux le groupe est scindé en deux. Une partie passe le feu au vert, une autre doit attendre au feu devenu rouge.

Il faut rejoindre la trace GPS qu'on avait quittée pour aller faire le Col de Vence et dans la circulation aux heures de pointes ce n'est pas facile de s'y retrouver.

Finalement on y est. On arrive à Nice, et tout d'un coup on se retrouve face à la mer bleue sur la Promenade des Anglais. C'est le choc. On y est arrivé. Du coup cela redevient un vrai plaisir de « parader » le long de la plage pendant des kilomètres en direction de l'hôtel.

Tout le monde y est arrivé sans trop de problème. 1240 km ont été parcourus.

Gérard qui au départ devait le plus suivre avec la camionnette n'aura pas fait beaucoup moins de kilomètres que les autres. Malgré le peu d'entraînement qu'il avait il y est arrivé assez facilement.



Le repos à Nice

Le soir, comme pour se défouler des frustrations des restaurants monotones et identiques des hôtels pendant les 7 jours du voyage, on prend d'assaut un restaurant italien le long du port : La Barque Bleue (La Baraque Bleue d'après Christophe). Et on y fait bombance.

On a même l'occasion d'apercevoir la princesse de Thaïlande et toute sa cour qui sont venus manger dans le même restaurant que nous. Impressionnant, c'est un autre monde.

Freddy et Pietro finissent la nuit à deux et vident une bouteille de Grappa. A la recherche de la mer, ils attaquent la montagne, visitent les égouts de la ville, et doivent demander l'aide d'un taxi pour retrouver la plage, complètement perdus dans leurs vapeurs d'alcool.

Le lendemain Guy et Charlie nous quittent déjà en prenant le TGV, tandis que Laurent fait de même en prenant l'avion.

On en profite pour visiter le vieux Nice, le port, se promener le long de la mer sur la Promenade des Anglais et tester un nouveau restaurant italien où tous les plats, de l'entrée au dessert, sont faits pour des ogres. Il pleut mais cela reste agréable, on finit même par visiter un casino.

Mais le voyage est terminé, il faut rentrer. Déjà on pense à ce qu'on pourrait faire d'autre comme périple : Bruxelles-Barcelone, Bruxelles-Rome. Mais ce sera une autre aventure.

Le tracé GPS avait quelques imperfections mais pour une première expérience on ne s'est pas trop mal débrouillé.

P.S. : Laurent est un gars super-sympa, toujours prêt à aider l’un de nous en difficulté, et ses coups de gueule mettent un peu de piment dans l’ambiance du groupe et dans le récit.

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