15/06/2015

Le Mont Ventoux - 2015

Voyage à Visan, au pied du Mont Ventoux.

 

Voyage du samedi 06/06 au samedi 13/06/2015.

Texte : Alain Darville, Photos : Christiane, Jean-Louis, Michel, Jean-Paul, Guy et Alain.


 

Cette fois, ça y est, nous y sommes : Nous sommes à Visan dans la Drome presqu’au pied du Mont Ventoux, qu’on voit au loin, de sa silhouette imposante qui marque le paysage où qu’on soit. C’est le défi de la semaine pour tout le monde : Arriver à son sommet au moins une fois.

Cela fait longtemps que le club n’a plus fait de voyage, mais on compte bien se rattraper. Qui est du voyage ? Christiane et Jean-Louis, Jos, Philippe, Jean-Paul, Benoit, Michel, Guy et moi. Isabelle et Freddy vont loger dans une autre maison, mais ne seront pas loin. Nous nous serons dans le logis « Le Batadou », superbe demeure de six chambres avec de grands espaces, une piscine et un boulodrome.

Le temps annoncé, n’est pas très folichon, pluie à peu près tous les jours, on verra.

 

 

 

Dimanche, 1er jour : Echauffement via le Col de Valouse. (80 km, 660 m)

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Il fait beau ce matin, la journée s’annonce radieuse, il va faire très chaud, jusque 35° sur le vélo.

Ce dimanche, nous allons rouler au départ de Visan, un petit parcours simple de 80 km, avec un seul tout petit col, le Col de Valouse, juste pour voir qui peut faire quoi et comment sur le vélo. Le but est de partir ensemble et d’essayer de revenir ensemble.

Un long faux plat, nous fait prendre la route de Nyons en direction de Gap.

Freddy se demande pourquoi on ne commence pas à faire tous les cols du coin et pourquoi on perd son temps à rouler sur une route comme en Belgique. Ce n’est pas pentu, d’accord, mais le paysage n’est pas vraiment le même. Rouler dans les vignes entourées de montagnes, même petites, ça change. Tout le monde suit, l’allure est modérée, c’est un long faux plat montant de 40 km.

Et puis vient le moment de vérité. Le premier col est là, petit, mais c’est un premier test pour beaucoup. Belle montée, virage en épingle. C’est Freddy qui est le plus fort. Et tout le monde y arrive.

L’entrainement de haut niveau de Michel paye, il monte jusqu’au sommet sans problème. Photo de groupe au sommet, et maintenant c’est la descente. Rapide, aussi, c’est une première pour certains.

Mais il fait chaud, donc soif, un petit bistro nous tend les bras, et avant de rentrer, nous allons y boire un ½ pression. Nous sommes dans le petit village de La Paillette.

Maintenant, c’est le long faut plat descendant pour rentrer, à fond la caisse, le vent dans le dos. 40-50 km/h en continu. Je ne sais pas ce qu’il leurs prend, tout le monde accélère avec de rare répits. Nous passons à Valréas, rien eu le temps de voir.

Pour finir à Visan avec une petite côte, je passe et je gagne. Na, pour Philippe qui avait fait le travail. Plus de 26 km/h de moyenne avec un col, comme entrée en matière, qui dit mieux.

Nous sommes tellement bons, que plus rien ne nous arrête car ce lundi, nous allons le faire.

 

 

 

 

Lundi 2ème jour : Le Mont Ventoux et les Gorges de la Nesque. (90 km, 1700 m)

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Cette fois-ci les choses sérieuses vont commencer. L’ascension du Mont Ventoux via Sault. Bon, les puristes diront que c’est le côté facile du Ventoux. Facile, peut-être mais cela reste un col et il faut faire 1200 m de dénivelé. Nous démarrons donc de bon matin, Freddy nous a rejoints à Sault.

Et la montée commence, les écarts se font rapidement. J’en profite pour faire des photos, attendre Guy, et ensuite essayer de remonter tout le monde. Freddy et Jean-Louis, ce n’est pas possible, mais les autres, oui. Dans cette ascension, je ne voulais pas y croire, mais le grand plateau peut être mis, et les 30 km/h sont possible sur quelques kilomètres. Le Chalet Reynard est atteint, on attend tout le monde. Guy veut son verre de bière avant de continuer.

Tout le monde veut atteindre le sommet, pourtant maintenant, la pente devient subitement plus dure, jusque 9%, mais le sommet est visible de très loin, et le mont caractéristique du Ventoux, motive tout le monde.

On y est, Christiane immortalise les grands moments de la montée pour chacun. Et les photographes professionnels nous alourdissent en nous mettant leurs cartes de visite dans nos poches, au lieu de nous pousser.

Ensuite, c’est la longue descente vers Bedoin, juste le temps de voir à quoi ressemblerait la montée. Cela monte tout le temps, aucun répit. 8%-10% en continu, c’est la route la plus dure, et la plus fréquentée du Ventoux.

A Bedoin, c’est le marché, et nous y mangeons un Pizza. Michel s’arrête là et va retourner avec Christiane.

Ensuite nous allons faire les Gorges de la Nesque, Gorges profondes recommandées par Guy pour leur splendeur. Nous allons les monter tout doucement, en continu.

Mais, Guy et Benoit, nous allons les perdre. Ce n’est pas faute de les avoir attendu, mais ils ne sont jamais arrivés. Les GSM ne signalent aucun appel, donc nous continuons tout doucement. C’est vrai, que ces Gorges sont magnifiques. C’est vraiment majestueux, avec une Nesque invisible tout au fond.

Mais il fait chaud, 40°c sur le vélo. La Nesque est beaucoup trop loin pour nous rafraichir. Jean-Louis et Jean-Paul ont un coup de chaleur et continuent très lentement. Je reste avec Freddy, tandis que Philippe et Jos continuent au finish. Nous attendons encore un peu Guy et Benoit toujours invisibles.

Finalement, nous nous retrouvons en plein orage, et nous voyons ce que c’est : Grosse pluie et rafraichissement conséquent.

A Sault, nous attendons les deux disparus, qui ne donnent toujours pas de nouvelles. Finalement ils arrivent. Benoit a fini cuit et carbonisé, Guy l’a ramené. Mais juste avant les Gorges, c’est Guy qui a éclaté un pneu, pneu réparé par un autre cyclo qui lui a mis une très grosse rustine.

 

 

 

 

Mardi 3ème jour : Le Col d’Ey et le Col de Propiac (63 km, 770 m)

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Tout le monde est sur le vélo, sauf Freddy, qui ne voulait plus abandonner Isabelle et Jean-Louis qui ne voulait plus abandonner Christiane.

Au départ de Mirabel-au-Baronnies , nous allons faire un cercle de 63 km pour faire deux cols. Ce n’est pas un parcours très difficile, mais c’est le jour d’après, et la fatigue est là. Il fait toujours aussi chaud, mais cette fois, il n’y aura pas d’orage.

Le Col d’Ey est un très beau col, avec un magnifique paysage sur la vallée qui est assez immense. Mais le petit problème, est que la route du col est en pleine réfection et ils coulent une couche de goudron tout en laissant la circulation ouverte. Nous roulons donc sur un asphalte à peine refroidi et encore mou. Je me demande si les pneus vont résister,  ils ramassent plein de petites pierres.

Le sommet est atteint. Nous attendons que tout le monde arrive avant de repartir vers Buis-les-Baronnies. Où nous faisons une pause-mousse. Mais la descente du Col d’Ey est très technique. La route est en lacet, c’est une descente sinueuse, ce que j’aime le plus dans les cols. Visiblement Michel, n’est pas très technique du tout, et prend son temps pour descendre, ses freins doivent chauffer.

Le Col de Propiac est devancé par un petit col non répertorié. Philippe me demande tout le temps combien de kilomètres il fait, ce col, quelle pente, quelle altitude. Je ne sais jamais lui répondre, à part : « Tant que ça monte, tu pousses sur les pédales !! ».

La route du Col de Propiac est très belle, avec quelques virages en épingle. Ensuite, le sommet une fois franchi, ça descend, c’est facile. Même Michel s’y met en dépassant tout le monde, suivi d’un Benoit qui sonne en dépassant le groupe. Puisque tout le monde va bien, on peut y aller à fond la caisse jusque Mirabel. Vent de face à 45 km/h, Philippe reste dans ma roue, pour me déborder en vue de l’arrivée.

Belle balade, deux très beau cols, très belle journée, et ensuite c’est piscine chez Freddy, a Seguret (pour ceux qui veulent), pour les autres c’est apéro.

 

 

 

 

Jeudi 5ème jour : Les Cols de Fontaube, d’Aulan, de  Peyruergue et d’Ey (87 km, 1200m)

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Freddy voulait absolument que nous passions le Col de Fontaube qui a une vue fantastique sur le Mont Ventoux. Mais pour ça il fallait y être assez tôt pour profiter de la lumière. Nous partons de Mollans-sur-Ouvèze.

Guy a un petit problème. Il a oublié ses chaussures de vélo et sans s’en rendre compte veut commencer à rouler avec ses chaussure de ville. Cela va être difficile. Mais Freddy a deux paires de chaussures. Guy taille 42, Freddy 41. Mais en faisant un petit effort, les pieds de Guy rentrent dans les nouvelles chaussures de Freddy. Quant à savoir si les pieds pourront en sortir un jour, c’est une autre histoire. En espérant que les chaussures n’explosent pas, Guy démarre en ayant mal aux pieds, je suppose, mais l’envie est plus forte que tout.

L’Ouvèze, nous allons le remonter, pour ensuite faire de même avec le Derboux. La montée de Col de Fontaube n’est pas trop difficile, mais dure assez longtemps. Réunion au sommet face au Ventoux.

Nous descendons ensuite jusque Montbrun-les-Bains, et nous allons remonter les Gorges du Toulourenc pour franchir le Col d’Aulan après être passé pas loin du Château du même nom. Un saut de chaine, m’a empêché de mettre le grand plateau juste pour passer Freddy qui n’attendait plus personne. Guy se fait attendre au sommet.

Dans la descente, c’est Benoit qui a des problèmes avec ses freins qui font du bruit, mais on ne voit rien d’anormal.

Le Col de Peyruergue se fait plus rapidement que le fait d’arriver à le prononcer correctement. Grand plateau avant d’arriver au sommet. C’est en nage que j’y suis, pas loin devant Freddy. Il faut récupérer en attendant les autres. La descente va être fatale à Jean-Paul. Jean-Paul a raté un virage, a pu s’arrêter un peu en dehors de la route mais n’a pas eu le temps de décliper ses chaussures. Il est tombé sur sa hanche. Il a mal, mais à première vue, cela à l’air d’aller, il peut continuer. Il y a encore un col à faire, le Col d’Ey, via une autre route que celle du mardi, mais avec une pente bien plus dure. 8% pour commencer, et ensuite du 6%.

Au sommet nous attendons, Jean-Paul arrive juste derrière Guy, mais cela n’a plus l’air d’aller du tout. Nous faisons encore la descente pour aller à Buis-les-Baronnies, où là en déposant pied à terre, c’est fini, il ne peut plus marcher.

Il va rester là avec Philippe, et nous allons chercher les voiture, Benoit va le prendre et le ramener à Visan.

Guy a pu enlever les chaussures de Freddy, même avec la chaleur de la journée. Les chaussures sont intacts, Freddy respire.

 

 

 

Vendredi 6ème jour : Le Mont Ventoux via Bedoin (34 km, 1700 m)

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Quoi, comment, plus personne ne veut y aller. Philippe et Benoit, pourtant voulaient la faire cette ascension via Bedoin, la montée mythique du Ventoux, la plus dure, la plus pentue. Un petit risque de pluie est là. Mais c’est le dernier jour, c’est le jour ou jamais.

Guy me conduit à Malaucène, où je vais démarrer en solo pour rejoindre Bédoin via la Col de la Madeleine.  Il pleut un peu pour partir, mais cela reste supportable. Il y a bien de gros nuages noirs au loin mais avec un peu de chance ils passeront à côté. Et bien c’était raté. Après 30 minutes de montée, l’orage était bien là. Un bel orage avec beaucoup d’éclairs et de tonnerres, avec beaucoup d’eaux genre chute du Niagara. Même pas peur, j’y suis j’y reste, la foudre ira bien ailleurs. Je continue imperturbable. Il fait tout noir, je ne vois même plus mon compteur et mon GPS, mais je vois encore la route qui s’est transformée par endroits en rivière. Guy essaye de m’encourager et de faire quelques photos bien sombres. Christiane et Jean-Louis arrivent aussi pour faire la montée avec moi.

Une fois le Chalet Reynard passé, l’orage se calme un peu. La pluie diminue, mais maintenant c’est la température qui diminue aussi. 7°c au sommet. Je ne peux pas m’y attarder. Et je ne ferai pas la descente à vélo. Trop dangereux et inutile. 20 km sur les freins cela n’a aucun intérêt. Une descente cela doit se faire rapidement, pas à 20 km/h.

Mais je suis content, ce fut une montée épique, en 2 heures chrono. ¼ d’heure plus vite qu’il y a 10 ans. Je progresse en vieillissant.

 

 

 

 

 

Pour le reste en dehors du vélo, ce furent des visites des villages perchés de Grignan et de la Garde-Adhémar, sous la pluie aussi, où deux joggeuses trempées ont failli finir sous la voiture dans un virage serré. Vaison-la-Romaine a fini sous la flotte aussi. Avec un orage de 5 heures et un Guy à la recherche d’un parapluie pour retrouver la voiture avant qu’elle ne soit emportée par les flots, sous le Pont Romain.

Très beau voyage avec quelques imprévus dont Jean-Paul rapatrié en Belgique par avion et où son opération à la hanche s’est bien passée. J’espère qu’il n’aura pas peur de remonter sur un vélo, ce serait dommage de se passer de sa bonne humeur et de sa joie de monter les cols comme un jeune de 20 ans.

Merci à Christiane et Philippe pour nous avoir préparé de quoi manger et de résister aux petits tours à vélo. Et merci aux autres pour leurs joies de vivre.

J’espère qu’on remettra ça l’année prochaine, avec encore plus de monde, mais sans doute pas au même endroit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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